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Partigiano Le blog en lien avec les militants révolutionnaires. Des textes, des photos et des articles de Rémi et compagnie... sur notre monde, sur la musique, sur la politique, sur l'art, sur les livres...

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Le temps des émeutes

Par Partigiano :: 08/02/2010 à 13:28 :: Bouquins

 

 

 

 

« Il y a eu l’automne 2005 et les banlieues françaises en flammes. Il y a aujourd’hui la crise et un vent de révolte qui semble ne pas faiblir. Et entre-temps, la Guadeloupe, les émeutes de la faim, le Tibet, Athènes, l’Iran…  Ce livre vient mettre des mots sur des images de plus en plus fréquentes sur nos écrans, peu commentées et rarement mises en relation. Le retour chronologique sur les quarante dernières années démontre la nouveauté et l’ampleur de ce phénomène qui s’impose chaque mois un peu plus dans le monde entier. »

 

Je ne sais pas si les émeutes sont de plus en plus fréquentes. Ca ne paraît pas évident étant donné que les moyens d’information par le passé n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui et la « répertorisation » des évènements n’était pas systématique. Le titre de ce livre reste quand même aguicheur pour un militant révolutionnaire. Le terme d’émeute renvoie à une certaine situation de révolte, de révolution ou de troubles dans l’ordre établi.

 

Les deux premières parties du bouquin (« En quête du contemporain » et « Lexique de la colère ») essayent de répertorier et d’expliquer les émeutes en fonction de leur origine. Emeutes contre la vie chère, après une élection, durant un match ou émeutes racistes. Les exemples utilisés ont, pour un militant qui se tient informé, déjà été aperçu sur internet : la commune d’Oaxaca, la résistance de Redeyef, raid sur Sidi Ifni, mais aussi d’autres évènements moins connus survenus en Chine, Canada, Sénégal, Etats-Unis… La liste peut être longue mais l’auteur s’attarde à juste titre sur les émeutes de 2005 et les manifestations de 2006 en France ainsi que sur les émeutes de décembre 2008 en Grèce.

 

L’auteur de ce livre est professeur d’anthropologie et son analyse est pertinente quand il traite de l’environnement des émeutes : « Les émeutes nous parlent de la ville. Elles nous en parlent parce que c'est leur espace social; leur théâtre, leur territoire, souvent nocturne. Mais la ville n'apparaît pas seulement comme le lieu de l'émeute. Elle en est la matière; elle en est un enjeu. » Mais les analyses qu’il développe dans sa troisième et dernière partie « L’Etat sans politique » sont limitées par ce que je qualifierai : la pensée bourgeoise.

 

Dans le chapitre neuf « L’émeute contre la politique ? », Alain Bertho s’interroge sur le rapport de l’émeute envers l’Etat et le pouvoir : « L'émeute qui suit l'élection et celle qui précède le coup d'Etat ont quelque chose en commun: le pouvoir (et celui qui l'exerce), ne leur est pas indifférent. Mais ni dans un cas, ni dans l'autre, les émeutiers ne se donnent les moyens d'avoir la main sur ce pouvoir, sur la nomination de ceux qui le détiennent. S'il ne s'agit en aucun cas de révolution au sens des XIXe et Xxe siècles, pour autant il ne s'agit pas non plus d'explosion de colère aveugle et sans lendemain. Il s'agit au contraire de l'expression d'une exigence sur l'Etat et sur la façon dont il est géré. L'émeute porte une prescription sans s'aventurer dans les mécanismes du pouvoir. L'émeute est dehors, mais non indifférente. » Cette affirmation est à moitié vraie. Certaines émeutes peuvent en effet ne pas être conduites en vue d’un renversement du pouvoir, comme ce fut le cas pour les émeutes de 2005 dans les banlieues. Les émeutes suites à l’élection présidentielle de Sarkozy voulaient clairement exprimées le rejet de sa prise de pouvoir. Il y a quand même des personnes participantes qui pensent à pousser ces émeutes au-delà de la révolte pour en faire une arme de révolution prolétarienne. Tous les émeutiers n’ont pas la même conscience politique.

 

En parlant des émeutes contemporaines, l’auteur nous dit : « Il semble à peu près certain qu'on ferait un gros contresens en y lisant une dynamique insurrectionnelle préfigurant de futures révolutions. Ces révolutions-là appartiennent aux siècles qui sont derrière nous. Elles supposent une pensée populaire de la politique qui réfère cette dernière à l'Etat et à la prise du pouvoir d'Etat. Ce qui se joue aujourd'hui est plutôt dans la constitution culturelle de subjectivités en partage hors de l'Etat. » L’auteur pense donc que les émeutes ne sont pas une dynamique pour la révolution. Il pense que les émeutes surgissent pour signaler à l’Etat ce que ce dernier a manqué de faire. Ce serait une sorte de rappel à l’ordre du pouvoir. Les émeutes en Grèce ont pourtant prouvé le contraire. Les insurgés n’ont pas hésité à mettre en avant comme mots d’ordre, l’abolition du capitalisme et de son système étatique. Ce n’est pas parce qu’une émeute ne parvient pas à la révolution qu’il faudrait la juger comme une simple explosion de colère par manque de moyens.

La révolution prolétarienne mondiale reste à construire et les émeutes peuvent être des tests lancés à la bourgeoisie pour connaître sa force de réaction. Les révolutions appartenant aux siècles passées, comme dit l’auteur, sont des mines d’information pour ne pas répéter les faiblesses qu’elles ont eues. Mais l’avenir ne passera pas par « la nouvelle figure de la politique (…) : c’est une politique de paix, c’est une distance volontaire à l’égard de l’espace étatique et c’est une parole qui résonne parce qu’elle s’ancre dans des principes. » L’auteur rejoint la pensée altermondialiste selon laquelle, il faudrait s’organiser et construire en dehors du système capitaliste à travers des « résistances locales » ou des « forums sociaux mondiaux ». C’est faire fi de la lutte de classe et des antagonismes qui structurent la société capitaliste. C’est ne pas voir que la bourgeoisie participe à ces processus altermondialistes. Si l’on veut « transformer la catastrophe annoncée en un avenir pour tous », il faudra en passer par la destruction de l’Etat, en un face-à-face violent avec la classe possédante et dirigeante. Prétendre le contraire c’est de l’utopie de petit-bourgeois. Les cocktails Molotov n’ont pas fini de voler.

 

 

 

 

La société du stress

Par Partigiano :: 02/02/2010 à 11:46 :: Textes divers

 

Je pense que cette société engendre nombre de maladies liées au stress et au mode de vie malsain dans lequel nous survivons. Je ne parle même pas des conditions de travail désastreuses auxquelles nous pouvons être confrontés. Les conséquences sont directes sur la santé physique. Mais parlons du côté psychologique.

 

Le travail salarié est synonyme de stress permanent puisque le prolétaire qui vend sa force de travail pour subsister ne sait pas de quoi demain sera fait. L'avenir n'existe pas. Il n'y a que le présent et son flot de licenciement, de restructuration et de réforme pour perpétuer l'esclavage salarié. Sans oublier les pressions de la hiérarchie, du rendement et de l’efficience qui nous sont imposés.

 

En dehors du travail, le mode de vie est stressant. Les transports, les bouchons, les supermarchés, le bruit, les voisins; tout est fait pour déclencher des réactions en cascade. Les factures, les crédits, les enfants, les études, les vacances, chaque prolétaire est tenu par quelque chose qui le retient de tout casser. Du coup, chacun de nous intériorise la douleur, certains la refoule, mais au final l’accumulation devient dangereuse pour nous-mêmes et notre entourage.

 

Chaque prolétaire est asservi et conditionné par cette société marchande. Et s'il tombe malade, son médecin lui prescrira une dose de calmant, de somnifères ou d'antidouleur. On n'essaie pas de régler les problèmes à la base, on met des pansements les uns sur les autres. On n'essaie pas de comprendre les gens, on les juge en fonction de notre éducation et des barrières mentales qui étriquent notre champ de vision (mœurs, coutumes, religions). Les gens doivent se plier aux normes et rentrer dans les cases. Il y a certains standards uniformisés auxquels chacun doit répondre. Les gens qui sortent du lot sont marginalisés. On peut en jouer ou en souffrir.

 

Chaque société produit des troubles de la santé mais dans un système où tout est monnaie, certaines maladies vont être écartées car non rentable pour les compagnies pharmaceutiques.

Chaque société créé son lot d'exclus et de marginaux, mais le capitalisme tend à la barbarie. Le chacun pour soi va nous tuer à petit feu. Chacun est motivé à réussir en entrant en compétition avec l'autre. C’est le dogme bourgeois libéral.

 

Depuis quand la compétition émancipe-t-elle mieux que l'entraide ? Seul le partage est un vecteur de progrès significatif et durable. Le monde fonctionne sur l'exploitation du travail salarié, de l'extorsion de la plus-value et de la concurrence entre les prolétaires. Alors que le monde devrait fonctionner sur la coopération et le partage. Changer le mode de vie et les hommes changeront. Il faut réapprendre à vivre aux rythmes des saisons, écouter son cœur et sa raison.

 

 

 

 

Un Monde Meilleur Chapitre 4 et 5

Par Partigiano :: 04/01/2010 à 11:58 :: Un Monde Meilleur

Chapitre 4

 

Aujourd’hui c’est le grand jour. Je pars en colonie de vacances pour quatre semaines au Cap d’Agde. La ville de Domérat a un centre de vacances là-bas au bord de la mer. Il y a aussi les enfants des communes d’Huriel et de Prémilhat qui viennent nous rejoindre.

Le départ est prévu à huit heures en ce beau matin du mois de juillet. Mon papi, mes parents et ma grande sœur m’ont accompagnés jusqu’au centre municipal où le car et les moniteurs nous attendent.

L’appel est fait mais il y a toujours quelques retardataires. A huit heures quinze le car démarre. Je dis au revoir à ma famille à travers la vitre. Le chauffeur a l’air très motivé, il commence déjà à chanter avec la musique à fond. De la vieille musique biensûr. Les moniteurs le coupent dans son élan et prennent le micro pour nous souhaiter la bienvenue et nous expliquer le déroulement du voyage.

Moi j’ai déjà retrouvé mes copains à l’arrière du car. Il y a Yoann, Sébastien, Anthony, Pascal, Matthieu, Damien, Thibault et Julien. Une sacré bande de pote. Toujours prêts à faire les 400 coups.

 

A midi on s’est arrêté sur l’aire de repos de l’Aveyron pour pique-niquer. Toute la nourriture est prise en charge par le camp de vacances. Le reste du trajet a été rapide. A la sortie du tunnel du Pas de l’Escalette, la végétation méditerranéenne ainsi qu’un grand soleil ont fait leur apparition.

A quinze heures trente, on est arrivé sur le campement. On a mis nos bagages dans la salle commune et on est partis monter nos tentes en fonction des groupes créés par les moniteurs. J’étais avec Yoann et Julien, deux dégourdis. La tente a été montée en cinq minutes. Des tentes canadiennes avec piquets et lourdes toiles. Du coup j’ai commencé à désherber notre coin et accrocher notre fil à linge.

Durant ces camps de vacances organisées par le conseil scolaire, on nous apprend à devenir autonome mais aussi à apprendre la vie en collectivité. Les plus grands, les 15-18 ans, partent quelques jours en expéditions par groupe sans moniteur. J’ai hâte de faire ça moi aussi.

On est cinq ou six par groupe. On a décidé d’appeler le notre les Renards. Il y a deux filles avec nous, Jennifer et Anne et on les a aidées à monter leur tente.

Après ça, on a tous été à la douche avant de manger ensemble dans le grand réfectoire. Balou, un des animateurs, nous a souhaité la bienvenue et nous a expliqué les règles et le fonctionnement du camp :

-         …je tiens à vous préciser qu’on se lève tous les matins à huit heures…

Mes potes Matthieu et Sébastien tire une drôle de tête.

-         Ne me regardez pas comme ça les enfants, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt !

 

La première semaine s'est bien passée. Ma famille ne me manque pas trop à part les histoires de mon papi. Je vais avoir plein de choses à lui raconter au retour. Notamment sur la déconstruction du littoral méditerranéen. Un après-midi nous sommes allés faire un jeu de piste dans la nature qui entoure le Cap d'Agde, et il y avait des ruines d'immeubles et des engins de démolitions. Une pancarte à l'entrée du chantier indiquait qu' « ici le conseil languedocien pour la sauvegarde de l'environnement détruit la folle urbanisation de l'ère capitaliste ». Je me suis demandé à quoi servaient tous ces bâtiments. En tout cas pendant le jeu de piste on a découvert plein d'animaux et de plantes et j'ai bien rigolé avec une fille d'un autre groupe qui s'appelle Mélissa.

 

Durant la deuxième semaine, Yoann et Sébastien ont réussi à se prendre la tête mais Anthony et Matthieu étaient là pour les calmer. On ne sait même plus quelle était l’origine de la querelle. Pascal, Damien et Thibault se sont fait choper par les moniteurs en train de jeter des pétards dans les champs voisins, ce qui leur a valu de nettoyer la salle commune après le repas du soir. En somme, rien d’anormal. De mon côté j’ai commencé à flirté avec Mélissa pendant les temps libres. Julien et Anne passaient beaucoup de temps ensemble aussi…

 

Le soir du 23 juillet, on a fêté mon anniversaire et celui de Pascal avec les copains dans la salle commune. On a mangé un gros gâteau et j’ai reçu des cartes postales de ma famille. On a bien rigolé et fait la fête. Plus tard dans la soirée, on est sortis à l’écart du brouhaha avec Mélissa. C’était une chaude nuit d’été comme je les aime et le ciel était magnifique. On a marché jusqu’au bord de la mer et on s’est assis sur la plage. Le bruit des vagues en musique de fond, on parlait de tout :

-         Tu crois en Dieu ?

-         Non. Personne n’est croyant dans ma famille. Mon papi dit que si Dieu existait, il faudrait le tuer.

-         Pourquoi il dit ça ?

-         Je ne sais pas. Je pense qu’on n’a pas besoin d’un Dieu pour vivre.

-         Mais qui a créé le monde alors ?

-         Personne.

-         Dans ma famille les gens sont croyants, ils pensent que c’est grâce à Dieu que la révolution a eu lieu et qu’aujourd’hui on vit mieux.

-         C’est surtout grâce à ceux qui se sont battus. Mon papi m’a raconté l’histoire de la révolution et je suis fier de ce qu’ils ont fait pour nous.

-         Moi aussi et je suis bien contente de ne pas avoir vécu dans l’ancienne époque. Ma grand-mère m’a dit qu’elle devait payer ses médicaments et qu’il y avait la guerre dans plein de pays !

-         C’est fou, on m’a raconté les mêmes choses. Je me demande comment il pouvait supporter ça ?

-         Qu'est-ce que tu veux faire comme métier plus tard ?

-         Je ne sais pas encore. J'aime bien la musique et le dessin.

-         Moi, je veux être infirmière.

 

En rentrant sur le chemin, on s’est embrassé. C’était sûrement la plus belle soirée que j’ai passée pendant mes colonies de vacances. Fin juillet, on est rentré à Domérat et on a continué de se voir régulièrement.

 

 

 

 

Chapitre 5

 

Un jour ce sera la fin du monde

Et je rigolerai devant le chaos

Je n’ai plus peur

La mort est un mot de plus

Dans un langage mortifère

Viens danser avec moi

Augmente le tempo

Les gens sont fous

Ils acceptent tout

Sans réfléchir

Obéir

OUI

 

Mon papi se réveille en sursaut et hurle :

-         Ahhhhhhhhh, je vais vous butez !

-         Non c’est moi papi…

-         Ah !

Il reprend ses esprits, met ses lunettes et me regarde bizarrement :

-         Ça va mon gamin ?

-         Oui j’étais venu te réveiller. T’as fait un cauchemar papi ?

-         Ça m’arrive régulièrement. Quelle heure il est ?

-         Neuf heures. Ce matin on doit aller au marché tu m’as dit hier qu’on irait chercher de la brioche et des fruits.

-         Ok laisse-moi prendre mon petit déjeuner avant.

 

Mon papi boit son lait de soja avec ses gâteaux en écoutant la radio dans la cuisine. Le dimanche matin, il y a des émissions d'histoire et d'actualités sur radio liberté. Moi je préfère regarder les dessins animés à la télévision dans le salon en attendant que mon papi soit prêt.

Une heure plus tard, nous voilà sur le marché du centre ville de Domérat. J'aime bien cette ambiance et tous ces produits de la terre sur les étalages. Il y en a de toutes les couleurs et de toutes les tailles. On est en plein mois d'août et il y a quantité de variétés de fruits et légumes. Les producteurs font goûter leur récolte aux gens qui viennent faire leur course. Les mamies racontent les derniers ragots du village. De nos jours, les terres agricoles appartiennent à la commune et à ceux qui  y travaillent. La production de denrée alimentaire est faite en fonction des besoins et de la région dans laquelle on se trouve. Cela permet des échanges entre communes après décision du conseil communal agricole pour l'alimentation.

Mon papi prend des abricots et des pêches, mes fruits préférés, à Umberto, un agriculteur qu'il connaît :

-        Ça va ma vieille couille ?

-        Bien et toi vieille bite en bois ?

-        Tu me mets un kilo de chaque s'il te plaît. Comment va la famille ?

-        Ça va tranquille, c'est les vacances, ils sont venus me voir à la ferme. Tout le monde te passe le bonjour. Vous venez boire un coup à la maison ce soir, c'est la nuit des étoiles, le ciel sera magnifique.

-        Si tu veux ma vieille denrée. Tu mets une boite d'œufs en plus.

-        Ok ça sera tout ?

-        Ça ira pour cette fois. A ce soir ma couille.

 

S'en suit un détour vers la boulangerie pour prendre une belle brioche, et un petit tour au bar de la place Bacchus pour se désaltérer d'une boisson fraîche en cette chaude journée estivale. Sur le chemin du retour mon papi a l'air soucieux.

-        Pourquoi tu fais des cauchemars papi ?

-        T'es content d'aller voir les étoiles ce soir ?

-        Oui mais pourquoi tu ne réponds pas à ma question ?

-        Parce que t'es trop jeune pour que je te raconte ces histoires. Ces cauchemars troublent mon sommeil et mes pensées. Ne le dis pas à tes parents, ils vont encore m'envoyer chez ce taré de psychiatre. Si ta grand-mère était encore vivante, je dormirais peut-être mieux...

Je n'ai pas connu ma grand-mère. Mes parents m'ont dit qu'elle est morte durant la révolution. Mon papi a une grande photo de mariage dans sa chambre sur laquelle ils sont très beaux tous les deux. Souvent je me demande pourquoi elle morte si jeune mais je n'ose pas trop déranger mon papi sur cette question qui a l'air douloureuse.

 

***

 

Le soir même, mon papa a fait des superbes grillades au barbecue qu'on a partagé avec les voisins. Le tout arrosé d'un gros cubi de vin rouge et d'un sorbet aux fruits en dessert. Après ce bon repas et des discussions qui ne voulaient pas se terminer, on est partis, mon papi et moi, voir les étoiles.

Umberto habite dans un hameau au nord de Domérat qui s'appelle Ricros. On a dû prendre notre voiture électrique pour s'y rendre. En arrivant devant sa maison, on aperçoit rapidement une pancarte qui stipule « Coopérative Fruitière Domératoise – Domaine de Ricros ». Umberto travaille dans cette coopérative depuis longtemps et tous les terrains autour de sa maison sont plantés de divers arbres fruitiers. C'est aussi le premier habitant de la région à avoir équipé sa maison de panneaux solaires. Umberto est un écologiste de la première heure et un ancien combattant de la révolution. Il s'est battu au niveau international pour l'arrêt de l'utilisation des engrais chimiques et des pesticides. Cette année, en France, nous avons passé le seuil des 90 % d'exploitations agricoles sans produits toxiques.

 

Umberto et sa famille sont sur la terrasse derrière la maison en train de débarrasser les restes du repas. En approchant, on peut sentir une odeur de citronnelle, bien utile pour éloigner les moustiques en cette période de l'année. Mon papi s'exclame:

-        Bonsoir à tous !

-        Salut vieux loup, répond le fils aîné d'Umberto. Comment vas-tu ?

-        Ça roule tranquillement mon gars. T'as préparé le télescope ?

-        Oui t'inquiète, je l'ai nettoyé avant de manger. En attendant que la nuit soit complètement tombée, on va boire un coup.

-        Vous avez encore du bon Porto comme la dernière fois ?

-        Oui, il nous en reste, je vais aller le chercher.

Une demi-heure plus tard, la nuit était là et allongé sur les transats, on contemplait les milliards d'étoiles qui dessinaient le ciel. Umberto et mon papi me montrait les différentes constellations :

-        Regarde, par là, c'est la grande ourse et en face la petite ourse.

-        Là bas, les trois étoiles presque alignées c'est la ceinture d'Orion. Les Égyptiens de l'antiquité vénéraient cette constellation.

-        Pourquoi, je demandais.

-        Quand elle apparaissait dans leur ciel, ça coïncidait avec le retour des crues du Nil et donc de l'irrigation abondante de leur culture. Ils ont donc construit les pyramides de Gizeh sur le même plan que la constellation d'Orion, me précisa mon papi.

On était tous allongé, les yeux rivés vers ce ciel totalement dégagé, ébahit par la beauté de ce spectacle. Umberto nous dit :

-        On est vraiment minuscule au milieu de cette immensité.

-        Combien de temps il faut pour traverser l'univers ?

Mon papi me répondit :

-        Des milliards d'années mon petit. Le temps dans l'espace n'est pas le même que pour les humains sur Terre. D'ailleurs, toutes les étoiles que nous voyons, ne sont que le reflet du passé, car leurs lumières ont mis du temps à nous parvenir.

-        Combien de temps ?

-        300 mille kilomètres par seconde. Pour se rendre compte de cette immensité, fermez les yeux un instant et rouvrez-les. Vous êtes pris d'une sorte de vertige et vous vous rendez compte de notre taille dans un gigantesque univers dont on perce petit à petit les secrets pour mieux nous comprendre.

 

Plus tard, on a regardé des planètes au télescope ainsi que la lune. Puis on est rentré vers une heure du matin, la tête pleine d'étoiles pour aller dormir.

 

 

 

 

Bonne année mon cul

Par Partigiano :: 30/12/2009 à 11:56 :: Textes divers

 

Ce monde est taré. Ce monde est fou. Ce monde est dingue. Ce monde est grotesque.

Les humains, simples primates possédant le plus gros cerveau et par conséquent la plus grosse connerie, ne marchent plus sur leurs deux jambes mais sur la tête.

L’évolution s’est renversée.

Iront-ils jusqu’au point de non retour ?

Plus je comprends et analyse cette société et plus je la déteste.

Et plus j’ai envie de l’abattre.

 

 

 

 

 

 

Pour bien entamer l'année qui vient, un extrait de "Bonne année mon cul" de Pierre Desproges :

(3 février 1986)

 

Il était temps que janvier fît place à février.

Janvier est de très loin le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l'année. Les plus sous-doués d'entre vous auront remarqué que janvier débute le premier. Je veux dire que ce n'est pas moi qui ai commencé.

Et qu'est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise...

Dieu Merci, cet hiver, afin de m'épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j'ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de «Bonjour à tous», j'ai mis «Bonne année mon cul». C'est net, c'est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.

 

 

 

 

 

Un Monde Meilleur Chapitre 3

Par Partigiano :: 28/12/2009 à 11:47 :: Un Monde Meilleur

 

-        Papi comment c'était la révolution ?

-        La révolution a été violente. Je pense toujours qu’étant donné les conditions de l’époque ça ne pouvait pas se dérouler pacifiquement. Les prolétaires avaient accumulé beaucoup trop de rage et de haine envers la classe possédante. Je ne vais pas te décrire toutes les atrocités que j’ai vues et que j’ai pu faire. Je vais t'expliquer la situation dans laquelle nous étions. On était dans une période de crise permanente. Depuis que j’étais tout petit on me parlait de crise économique et de restriction budgétaire. Il faut que tu comprennes que l’argent contrôlait tout. Le fric comme on disait, faisait tourner la planète. C’était le nerf de la guerre. Les patrons et les dirigeants accumulaient de l’argent sur le travail des pauvres gens, nous. Pas de partage, ils possédaient tout et indirectement nos vies. C’était une époque sombre, individualiste. Les syndicats des travailleurs nous trahissaient. Même la nature et le climat n’étaient pas contents. Dans l'histoire du monde capitaliste, il y avait déjà eu beaucoup de révoltes et de révolutions prolétariennes avortées. Celle à laquelle j'ai participé a réussi à développer un monde nouveau, on peut dire que c'est une révolution victorieuse. J'aimerais que nos ainés voient ça. Ceux qui quand on était petit traitaient ma génération de fainéante et d'incapable. S'ils savaient comment on a lutté. On était donc en 2008 de l'ère capitaliste et je disais souvent qu'on vivait une sale époque. Les partis politiques qui devaient soi-disant défendre les ouvriers et ceux qui s'affichaient comme révolutionnaires participaient à la débâcle généralisée. Les dirigeants de ces organisations étaient bien dans leurs pantoufles parlementaires ou négociatrices en renvoyant aux calendes grecques la révolution. Seule l'action structurée de façon autonome pouvait nous aider à avancer et à répandre l'insurrection. Les conditions matérielles et sociales du prolétariat dans les pays avancés étaient plus que propices pour allumer la flamme mais il manquait le briquet ou la boite d'allumette. La majorité de la populace bien sûr ne voulait rien changer, emmitouflée dans son pseudo confort télévisé de citoyen consommateur. Pour beaucoup l'inégalité était une fatalité, un fait immuable repris en chœur par les religions. Les prix des choses vitales comme la nourriture ne cessaient d'augmenter mais les salaires stagnaient. Les crises et les krachs boursiers revenaient de manière cyclique du fait d'une surproduction continue. Les théories économiques initiées par Karl Marx, un économiste révolutionnaire du 19ème siècle, venaient une fois de plus se confirmer. Certains prolétaires ont commencé à s'organiser dans leurs villes ou sur leurs lieux de travail avec pour dénominateur commun l'abolition du capitalisme. Des réseaux de militants anonymes, auxquels je participais, se sont constitués et chaque jour le nombre de volontaires grandissaient. Nous avons commencé à participer activement aux manifestations et a diffuser notre propagande révolutionnaire dans tous les médias à notre disposition. On peut dire que la révolution a vraiment commencé durant l'automne 2010. Les manifestations s’amplifiaient et Paris a été littéralement assiégé par l’auto-organisation du peuple en arme pour reprendre une vieille expression. L'agitation subversive battait son plein. Le gouvernement de l’époque ne voulait rien lâcher. La violence a débuté envers la police et l’armée qui protégeaient les bourgeois. Après plusieurs semaines de grève à Paris, la province a suivi ainsi que les pays voisins en commençant par l’Italie et l’Espagne puis au bout de quelques mois l’Angleterre et l’Allemagne. Les échanges d’informations et de militants ont été rapides grâce aux moyens techniques les plus avancés. Une sorte d’armée de prolétaires s’est créée dans chaque région. La police était affaiblie par cet immense soulèvement. La révolution a donc débuté en Europe. On a été rassuré lorsque les Etats-Unis, la Russie et le Japon ont été embrasés par la vague révolutionnaire en 2011. Les Conseils Eurasiens pour la Révolution Prolétarienne Mondiale ont envoyé ensuite des brigades dans le reste du monde pour propager la libération de l'humanité de la barbarie capitaliste…

 

 

 

La compil de Remito

Par Partigiano :: 27/12/2009 à 6:34 :: Musique

Pour passer l'hiver avec du bon son dans les oreilles, une sélection de musiques que j'aime bien :

1) Vicki Anderson "Message to the soul sisters"
2) Afrika Bambaataa & Soul Sonic Force "Looking for the perfect beat"
3) Kid Frost "Terminator"
4) Kid Frost "The volo"
5) Eazy-E & 2 Pac "Real thugs"
6) Rakim "The 18th letter"
7) Raekwon feat Ghostace Killah, Inspectah Deck, GZA & Method Man "Run away"
8) Raekwon feat Notorious Big & Ghostface Killah "Live kid"
9) Beat Assailant "Better than us"
10) Sen Dog (Cypress Hill) "Fumble"
11) Black Milk feat Royce da 5'9 "Losing out"
12) Ill Bill feat Immortal Technique & Max Cavalera "War is my destiny"

Liens pour télécharger :

http://rapidshare.com/files/326913130/COMPIL_12_2009.zip.html

http://www.megaupload.com/?d=DLQP2K0O

 

 

La Garde Rouge raconte

Par Partigiano :: 15/12/2009 à 5:19 :: Bouquins

 

A propos de l’ouvrage d’E. Mentasti, 2009, La « Garde rouge » raconte, Histoire du Comité ouvrier de la Magneti Marelli (Milan 1975-78), Les Nuits Rouges, 233p.

 

 

 

 

Ouvrage très intéressant dans le descriptif du développement des évènements ainsi que dans leurs mises en perspectives. Tout cela, du point de vue prolétarien. On remarque avec attention, la prise de conscience prolétarienne face à la restructuration du capital dans les années 70. Sans doute le fait le plus important puisqu’il engage par conséquent une stratégie offensive et donc une pratique (à des années lumières des pleurnicheries syndicales). La description des luttes, leurs organisations sont particulièrement utiles. Car tout cela n’engage pas trois « pékins » entrain de refaire le monde autour d’une bière, mais des milliers de travailleurs qui trouvent leur détermination dans la lutte. D’ailleurs, les stratégies et tactiques employées par les ouvriers en arme donnent une idée du climat qui pouvait régner à cette époque (justement, on entendait surtout de la part des médias, l’annonce d’un énième attentat des Brigades Rouges mais pas la frayeur patronale face à des milliers de prolétaires en arme).

 

Autre aspect intéressant, tous les ennemis sont clairement identifiés. Certes, les patrons et leurs larbins d’usines, leurs larbins parlementaires, mais aussi, chose assez rare parce que souvent tabou, la CGIL (équivalent du syndicat CGT), le PCI (Parti Communiste Italien) et leur journal à grand tirage, l’Unita. Le prolétariat luttait aussi bien contre la bourgeoisie que contre les staliniens (le « compromis historique » d’E. Berlinguer, secrétaire du PCI) dont les soutiens aux licenciements et la répression, quand ils n’y participaient pas, étaient avérés.

 

Même si le début de l’ouvrage paraît un peu long et la mise en place du décor, un peu rébarbative, cela est rendu nécessaire pour l’efficacité. Cet ouvrage contribue à fournir une grille d’analyse, ainsi que les éléments qui permettent de lutter contre le capital et l’esclavage salarié.

 

B.

 

 

 

La préface à l’édition française sur http://les.nuits.rouges.free.fr/spip.php?article27

 

 

 

 

 

Abrégé du Capital de Karl Marx

Par Partigiano :: 09/12/2009 à 6:13 :: Bouquins


Un petit livre que tous les prolétaires devraient lire avec attention car il est susceptible de les amener à la révolution.



Pour tous ceux qui n'ont pas le courage de lire le Capital, pour tous ceux qui déblatèrent que l'oeuvre de Marx serait trop compliquée, ils n'ont plus d'excuse puisque Carlo Cafiero, ce communiste libertaire italien du 19ème siècle, avait déjà prévu le coup pour les camarades de son époque.

Il reprend l'essentiel de la critique du système capitaliste exposée dans le livre I du Capital. C'est écrit dans un style qu'on pourrait qualifié de neutre et accessible à tous.

Donc si vous voulez savoir comment les patrons nous la mettent à chaque jour de travail qui passe, si vous voulez savoir ce qu'est la plus-value, la marchandise, l'accumulation primitive mais aussi la division du travail, lisez ce bouquin, vous vous coucherez moins con.


Aux éditions Le Chien Rouge : http://www.editionslechienrouge.org/

 




Avenir

Par Partigiano :: 27/11/2009 à 6:50 :: Actualité


J’espère que vos cerveaux de rebelles ne sont pas trop ramollis par la froideur ambiante.

Du nouveau sur http://rapaces.zone-mondiale.org/  un édito relatant la rencontre avec des ouvriers coréens et un communiqué intitulé « Lutte des classes en France : un point sur la situation ».

Deux docus trouvés par notre reporter rebelle :

« Vivre l’utopie » documentaire (en cinq parties) sur l'expérience anarchiste en catalogne de 1936 à 1939 sur :
http://www.dailymotion.com/video/x1bo40_vivre-lutopie-partie-1_politics

« Palestine, histoire d’une terre » (en trois parties) sur : http://www.dailymotion.com/video/x4l3qt_palestine-histoire-dune-terre-01-18_politics

Superbes photos de Michael Kenna en ce moment en expo à la Bnf

http://expositions.bnf.fr/kenna/index.htm


du 13 octobre 2009 au 24 janvier 2010
Bibliothèque nationale de France
site Richelieu, Galerie de photographie
58, rue de Richelieu 75002 Paris
Métro : Bourse, Pyramides






L'écriture est mon arme de diffusion de propagande pour ma classe laborieuse.
La propagation des idées révolutionnaires doit s'effectuer dans tous les foyers.
Je rêve de voir tous les murs taggés de slogans émancipateurs.
J'imagine Paris libéré par l'assaut prolétarien.
Les bourgeois flippent de perdre le pouvoir.


Vive les grèves, les occupations d'entreprises, les séquestrations de patrons, les pillages de magasins et les mutineries en tout genre.





Souriez, vous êtes filmés

Par Partigiano :: 13/11/2009 à 20:04 :: Actualité


Paris va devenir Londres dans peu de temps. Le gouvernement, la mairie de Paris et la Préfecture de Police veulent doter la capitale de 1100 caméras supplémentaires. Celles-ci s'ajouteront aux 120 caméras existantes de la Préfecture, aux 9.500 de la RATP et de la SNCF, aux 206 de la mairie de Paris et aux 114 du Parc des Princes.1


Sous l’argument fallacieux de lutter contre la délinquance, le flicage de l’espace public est en bonne voie. Quelques organismes institutionnels s’élèvent pour remettre en cause ce processus, notamment le président de la CNIL2 et le Collectif Démocratie et Libertés qui publie les cartes du projet et une autre sur Google Earth avec les caméras déjà installées.3


Cette démarche de flicage omniprésent est issue de « la Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2) »4 pour la période 2009-2013 présentée par Alliot-Marie en janvier 2009. Il est prévu un budget de 2,5 milliards d’euros pour les cinq années. Cette loi, dans son chapitre IV, « améliore la protection des intérêts fondamentaux de la nation ». Ca veut tout dire ! En fait ça reprend la LOPSI de 2002 avec un mélange de Hadopi. Youpi !


Bien entendu, ce projet ne pourrait voir le jour sans la volonté de la Mairie de Paris aux mains des socialos. Le maire Bertrand Delanoë et son adjoint chargé de la sécurité et de la prévention, Georges Sarre valident la loi : « Sur la vidéo surveillance, notre projet de mandature, porté devant les Parisiennes et les Parisiens par le Maire de Paris, candidat, et bien entendu par tous ceux qui le soutenaient, nous engage à soutenir le développement de la vidéosurveillance. Nous n’aimons pas par principe les caméras, mais nous n’avons pas le droit de ne pas réagir quand les Parisiennes et Parisiens sont victimes de crimes ou demain, peut-être, hélas, d’attentats »5. Je tiens à préciser, au passage, que ce Georges Sarre faisait parti du Comité pour la reconquête de la démocratie initié à l’époque (en 2005-2006) par le Parti des Travailleurs (devenu POI).


Bref, encore une fois les dirigeants nous la font à l’envers en prétextant une lutte contre le crime et le terrorisme pour mieux surveiller les prolos. Dans un climat sécuritaire, la psychose est partout. La violence aussi mais ces racines sont plus profondes et on ne peut pas résoudre les problèmes en filmant les rues. La bourgeoisie se protège comme elle peut avec tous les moyens technologiques mises à sa disposition. J’invite donc tous les rebelles à saboter ces installations dignes d’un milieu totalitaire carcéral.






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