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Dix doigts pour nous étranglerPar Partigiano :: 18/04/2012 à 8:12 :: Actualité
DIX DOIGTS POUR NOUS ETRANGLER Dix candidats pour un seul programme : sauver le capitalisme
Tous bons à jeter aux ordures, eux et leurs partis, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche ? Oui, et sans attendre. C’est une question de survie, qui s’imposera au plus grand nombre dans les années, les mois, qui viennent. La crise planétaire du capitalisme s’aggravant, la bourgeoisie redouble déjà de férocité, ailleurs comme en France, pour s’accrocher au pouvoir. Cette classe parasitaire qui pille les travailleurs, saccage l’environnement naturel, met le monde à feu et à sang, doit être définitivement vaincue et son mode de production remplacé par une société sans classes sociales ni Etat. C’est cette nécessaire vérité, transformée bientôt en besoin élémentaire de l’humanité, que les candidats guignols se chargent présentement d’étouffer à l’occasion d’un énième pathétique cirque électoraliste. Histoire de repousser l’avènement de la révolution prolétarienne, chacun s’attache à intoxiquer les consciences, en se positionnant sur le large éventail du verbiage politicien. De la franche haine xénophobe au « communisme » frelaté, en passant par la « révolution citoyenne » et les apologies à l’austérité, cette propagande en batterie poursuit l’unique but de préserver l’exploitation de l’homme par l’homme, de colmater la dictature capitaliste aux abois. Dans ces conditions, voter c’est, au mieux, revendiquer sa servitude. Si tu n’en es pas convaincu, un bref passage en revue du chenil de garde du système permettra de te mettre les idées au clair :
-Nicolas SARKOZY (UMP) : Tout le monde le hait, hormis la rupinaille qui s’est gavée pendant son mandat, et pour cause… Le quinquennat qui s’achève a poussé jusqu’aux frontières de la barbarie l’exécution des politiques de dépeçage de la population menées depuis le milieu des années 70. Sur ordres des grands groupes du CAC 40, le mercenaire Sarkozy et sa horde déchainée de fils à papa se sont acharnés à enfoncer les crocs du vampire capitaliste au plus profond des artères vitales du prolétariat, le laissant aujourd’hui exsangue : Un million de chômeurs supplémentaires, 900 usines fermées, salaires écrasés, pauvreté massifiée, démolition avancée des droits démocratiques et ouvriers, fiscalité réformée, privatisations à tous crins, à seule fin de satisfaire la voracité des grandes fortunes… Ce véritable massacre social s’est orchestré dans un climat d’oppression jamais vu depuis le régime vichyste. L’instauration graduelle d’un Etat policier, dans la peur fabriquée d’un chimérique terrorisme, s’est conjuguée à la propagation des insanités disciplinaires, religieuses, identitaires et xénophobes, que la chasse aux sans-papiers a concrétisée dans des formes particulièrement inhumaines. Parallèlement, l’UMP a profité de ses 5 longues années pour afficher au quotidien la haine de classe, l’obscénité arrogante et la stupidité mafieuse qui imprègnent ordinairement les beaux quartiers. La diplomatie française a versé dans le plus pur des opportunismes, entaché de bellicisme. Pour le bonheur du complexe militaro-industriel, de Total et des barons du MEDEF, les dictateurs Ben Ali et Kadhafi ont été soutenus jusqu’au bout avant d’être lâchés, l’impérialisme chinois courtisé, la finance islamique encouragée, le Vatican favorisé, l’impérialisme américain renforcé militairement et l’Etat sioniste aveuglément cautionné. Tentant de résorber la crise déclenchée en 2007 qu’il a lui-même alimentée, le petit monde doré de Sarkozy, en compagnie des magnats allemands, pilote d’une main de fer les mesures de vandalisme qui frappent, un par un, les pays européens afin de renflouer transnationales et fonds de pension. S’il est réélu, le flic/voyou hystérique de l’Elysée échappera aux poursuites judiciaires dont sont grosses les récentes affaires de financement occulte de l’UMP. Plus grave, il achèvera sa mission de casse anti ouvrière en mettant à exécution un super plan d’austérité (115 milliards d’économie budgétaire, fin du contrat de travail) qui plongera les travailleurs de l’hexagone dans les mêmes affres que leurs frères grecs, espagnols, irlandais, portugais : la faim, la misère et le désespoir.
-François HOLLANDE (PS) : Ce remplaçant de fortune du prédateur sexuel du FMI n’a pas hésité, en pleine campagne présidentielle, à se coucher publiquement devant les spéculateurs de la City, clamant une bonne fois pour toute qu’il n’était « pas dangereux ». Aucune surprise puisque le PS est, à peu de chose près, le clone de l’UMP. Faisant mine de prêter vie au cadavre pourri de la social-démocratie, ce parti bourgeois n’a cessé, ces 3 décennies passées, de battre tous les records de duplicité, de trahison, de mesquinerie arriviste. Au nom du socialisme, il a accouché d’un monarque républicain, François Mitterrand, qui, avant de finir commanditaire du génocide rwandais, a conduit en France la « révolution conservatrice » que les droites ultra réactionnaires de Kohl, Reagan et Thatcher établissaient dans leurs pays respectifs. Flanqué du PCF et des confédérations syndicales, le PS s’est révélé être une arme efficace de gouvernance pro-patronale, en alternance avec le parti gaulliste. Co fabricante du Léviathan antidémocratique européen, la « gauche caviar » a traumatisé les travailleurs. Elle a privatisé à tout va, désindustrialisé, ancré durablement le chômage de masse, flexibilisé et précarisé la main d’œuvre. Elle a prôné la culture petite bourgeoise du fric et du chacun pour soi, incarnée par l’écœurant Bernard Tapie. Ayant souscrit à « l’ouverture » proposée par Sarkozy en début de présidence, le PS a dû exposer des divergences avec ses acolytes de droite à mesure que les échéances électorales approchaient. Pourtant, seuls les détails du marketing communicationnel recèlent de dérisoires différences, quand, pour la risée de tous, Hollande singe minablement François Mitterrand, désespérant de s’extirper de l’insipidité qui le caractérise. Car le programme du PS est le calque de celui de l’UMP, qui se cale sur la ligne de la Troïka (Commission européenne, Banque Centrale Européenne, FMI). Dans la poursuite de tous les traités européens, et parallèlement à la mise en œuvre du très austère Mécanisme Européen de Stabilité (MES), il s’agit d’appliquer sans délai le « Pacte budgétaire » (ou TSCG), lequel verra inscrit dans la constitution de chaque pays européen la fameuse « règle d’or », cette règle de sang et de larmes pour les exploités, qui forcera tout Etat membre à conserver un budget général en équilibre ou excédentaire sous peine de sanctions automatiques de la Commission européenne. Toute politique sera conditionnée par le pillage de la population sous couvert du remboursement de la dette aux banques privées. En futur Panpandréou français, Hollande a déclaré qu’il soumettra le TSCG au parlement français dès juillet 2012.
-Marine LE PEN (FN) : Mélenchon se targue d’avoir renvoyé Marine Le Pen dans sa « tanière ». Même si c’était vrai, le mitterrandiste devrait moins frimer. Car pendant qu’il en était encore membre, c’est bien le Parti Socialiste qui a fait le lit du FN. Dès le début des années 1980, le PS propulsa dans les médias cette formation fascisante. Puis il l’installa sur les bancs de l’assemblée nationale en instaurant le scrutin à la proportionnelle. Enfin, il relaya ses thèses sécuritaires jusqu’au cœur de sa désastreuse campagne présidentielle de 2002. En réalité, le parti lepéniste est à la dérive depuis que l’UMP a transformé ses propositions en piliers de la gouvernance institutionnelle. Le FN est, en effet, un laboratoire idéologique des politiques anti-ouvrières des partis de gouvernement. La progression des idées fascisantes a ainsi été continue depuis 30 ans. Du reste, des liens organiques entre lepénistes, socialistes et gaullistes ont toujours existé : des ministres UMP sont d’anciens activistes d’Occident, l’ancêtre du FN, des députés sarkozystes sont des ex lieutenants du borgne. Aux derniers temps de la Françafrique, le D.P.S, milice frontiste, fit office de réservoir de mercenaires. Son ex-dirigeant, B. Courcelles, fut chargé de la protection de M. Pingeot, fille de F. Mitterrand. L’autre vocation du FN est de diviser le prolétariat en lui inoculant directement la haine xénophobe, le racisme et le nationalisme. Ces poisons mentaux détournent la révolte contre le patron vers l’immigré. Partisan de l’ultralibéralisme depuis sa création, le FN a constamment encouragé la réduction des salaires et des droits des travailleurs au profit des transnationales. Fier de son patriotisme, il n’a pourtant jamais été réticent à se prostituer auprès de régimes étrangers. Hier, il était stipendié par la CIA de Reagan ; ses mécènes sont aujourd’hui les dictatures syrienne, iranienne et russe. Minoritaire parmi le prolétariat, il rallie systématiquement le patronat pour agresser le mouvement social. Dans ces conditions, les insanités frontistes ne peuvent entrer chez les exploités que par la télévision et la radio. C’est d’ailleurs aux conglomérats médiatiques que la maison Le Pen doit présentement son salut. Alors qu’elle sombrait, en proie à une hémorragie militante inédite et un naufrage financier, les médias la sortirent du caniveau. En plein conflit sur les retraites de l’automne 2010, Marine Le Pen, devint à nouveau l’invitée permanente des émissions grand public. Comme d’habitude, elle aboya contre les grévistes. Mais dans les mois qui suivirent, elle tenta de troquer sa laisse de roquet du bourgeois pour la panoplie de nouvelle héroïne de la lutte anticapitaliste. Depuis, le FN peine à vendre la vaste escroquerie que constitue son programme, tout empuanti de relents nazis. Les envolées sur la sortie de l’euro et l’annulation de la loi de 1973 (que le FN ne conteste qu’aujourd’hui !) masquent une politique rétrograde, fascisante et à la solde du grand capital : rembourser rubis sur ongle la dette, entériner les lois ayant rongé les droits sociaux, inciter les femmes à rester des mères au foyer sous-payées, mettre en avant la laïcité pour mieux promouvoir le catholicisme, poursuivre la destruction du service public en invoquant une chasse aux mauvaises dépenses… Le FN est l’ennemi des travailleurs, qui l’affronteront demain dans la rue à l’instar des prolétaires grecs qui terrassent les nervis fachos alignés avec les flics de la Troïka.
-Jean-Luc MELENCHON (FdG) : La bête de foire mitterrandiste s’excite à distribuer ses pétards mouillés aux petites foules fébriles venues vanter dans ses meetings les vertus de l’amnésie politique. A les suivre, on se doit d’oublier l’essentiel et d’abord que les composantes du Front de Gauche (socialistes, maoïstes et la principale, stalinienne) sont les restes décrépis de la terreur bureaucratique qui a tant martyrisé les travailleurs au 20ème siècle. A force d’avoir brisé les élans révolutionnaires, servi de moteur auxiliaire au capitalisme quand il chancelait, enchaîné la classe ouvrière au national productivisme, le PCF s’est fait exécré et déserté par les exploités. Depuis, ses maigres contingents sont des gestionnaires consciencieux de l’administration locale. Dans leurs mairies, leurs départements, leurs régions, ils se remémorent nostalgiquement les grandes heures de la falsification à l’aune de leurs manœuvres devenues moins ambitieuses : au nom de l’ « antilibéralisme », ils démantèlent le service public, taillent dans les budgets, livrent leur personnel à la « performance managériale », axent l’aménagement du territoire sur l’optimisation du grand capital, pacifient les pauvres via le maillage associatif et le soutien à l’encadrement religieux. C’est aussi aux postes de permanents syndicaux que les geôliers du FdG assurent la défense de l’ordre établi. Leur « résistance », arborée dans leurs discours, s’évapore dans la réalité de la lutte des classes, au point d’ailleurs que Sarkozy a plusieurs fois loué leur « sens des responsabilités ». Après avoir signé la privatisation d’EDF en 2003, refusé dans la foulée d’organiser la grève générale réclamée par la classe ouvrière, empêché celle-ci de rejoindre la jeunesse contre le CPE en 2006, la clique des bureaucrates syndicaux, CGT en tête, a sabordé, en 2007, la lutte à la RATP contre la suppression des régimes spéciaux. En 2009, elle a choisi d’isoler le soulèvement contre la « pwofitasion » aux Antilles et a freiné toute extension en Métropole. En 2010, elle a focalisé le combat contre la réforme des retraites sur le blocage des raffineries pour mieux torpiller la radicalisation généralisée qui s’esquissait. Ce sont ces saboteurs de la révolution sociale que Mélenchon ose confondre, avant de les encenser aussitôt, avec les travailleurs. Depuis 3 ans, la réplique du FdG en Grèce a épuisé la rage populaire dans une longue série de « journées de mobilisation » sans lendemain. Idem en Espagne et au Portugal. Les promesses du FdG s’inspirent des politiques de charité, conditionnées par le remboursement de la dette, de l’antisémite Chavez et du chouchou de la Banque Mondiale, Lula. Pas étonnant que chaque slogan du FdG soutienne, en filigrane, la paix du bourgeois : « révolution citoyenne », « insurrection civique », « place au peuple » ; ces formules contradictoires indiquant qu’il s’agit d’orienter le désir croissant de révolution vers la préservation du capitalisme. D’ailleurs, pour ce qui est de la proximité du FdG avec la haute bourgeoisie, les embarrassantes révélations de fin de campagne au sujet de l’amitié de Mélenchon avec Serge Dassault ou encore avec Patrick Buisson, conseiller fascisant de Sarkozy, en disent long. Le point d’orgue du vrai programme du FdG sera de sommer ses électeurs à voter sans conditions pour leur futur bourreau, « Hollandréou », ce vieux camarade de Mélenchon.
-François BAYROU (Modem) : Dans l’impossible cas où il serait élu, ce valet de la finance aux airs de plouc catéchisé formerait immédiatement un « gouvernement d’union nationale », du même type que celui qui dévaste actuellement la Grèce sous la direction de Papademos. A l’image de ceux de l’UMP et du PS, le programme du Modem, n’est qu’une variante du plan d’austérité qui s’abattra sur la France aussitôt les élections terminées. La campagne électorale de Bayrou s’est articulée sur deux axes : 1) Effrayer la population, en lui martelant qu’ « un mauvais choix » (comprendre : ne pas de se plier aux caprices des marchés mondiaux) précipiterait le modèle social français dans l’abîme « en quelques mois », dès après le 6 mai. 2) Légitimer l’impérieux remboursement de la dette au nom d’un moralisme puant l’eau bénite et le sens gestionnaire du « bon père de famille ». Ces valeurs moisies sont globalement agonisantes mais s’y raccrochent une petite bourgeoisie de province angoissée devant la menace du déclassement social ainsi qu’un petit patronat urbain allergique à l’idée d’assumer frontalement la radicalisation de la lutte des classes. En jésuite averti, Bayrou s’évertue à propager la confusion, ce qui, au demeurant, est le propre du « centre », cette droite dure qui brouille les repères pour frapper froidement le prolétariat (feu le sinistre Raymond Barre fut en son temps le maître d’œuvre parfait de cette logique). Ainsi, il évoque la « France solidaire » pour mieux achever de briser les derniers vestiges de l’Etat providence. Il promet plus de démocratie par la « moralisation de la vie publique », quelques extensions des droits sociaux et civils (représentation étendue des salariés dans l’entreprise, reconnaissance de l’homoparentalité). Mais il veut parfaire la construction de la dictature européenne en inscrivant la « règle d’or » dans la constitution, conformément au Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG). Dans le carcan des 100 milliards de prélèvement qu’il offrirait aux banques, il souhaite démolir le service public sous prétexte d’un « redressement des finances publiques », approfondir la destruction du régime de retraite par répartition en coupant ses sources de financement et en faisant sauter la limite d’âge de départ, mener la guerre ouverte au pauvres par un redéploiement plus efficace des forces répressives et une généralisation de la vidéosurveillance, supprimer les cotisations sociales des entreprises à toute nouvelle embauche, augmenter la TVA. Le tout serait tendu vers l’objectif de « produire français ». Cette version réchauffée du « patriotisme économique » cher à François Fillon serait censée compenser le désastre de l’estocade bancaire portée au prolétariat. En vérité, elle recouvre un projet de transformation de l’Etat en état-major national de la dérégulation aboutie de l’économie, respectant la « concurrence libre et non faussée » du projet de constitution européenne (entérinée dans le traité de Lisbonne), que le Modem a promu fanatiquement en 2005. Il n’y aurait aucune surprise à observer Bayrou mettre les mêmes talents de gouvernant qui provoquèrent les manifestations monstres de 1994 contre sa réforme de la loi Fallou au service cette fois d’une junte PS ou UMP chargée de superviser l’imminente mise à merci des travailleurs.
-Eva JOLY (EELV) : Quelle plaisanterie que ce communiqué de EELV, en date du 12/04/2012, dénonçant les « contrats à terme sur la dette française », ces « nouveaux outils spéculatifs » que s’apprêtait à approuver l’Autorité des Marchés Financiers ! L’indignation contre la tyrannie financière est aussi opportune qu’aléatoire au sein du club de bobos carriéristes installé sur le créneau de l’écologie politique. Fustiger quelques excès de la rapinerie capitaliste n’engage à rien, participe à entretenir le mensonge d’une gauche défendant les intérêts des exploités et soutient le minimum de régulation réclamé de plus en plus par les grands argentiers mondiaux. Le problème pour les partisans d’Eva Joly est que depuis le krach d’octobre 2008, Sarkozy lui-même revendique ces points qui figurent dans l’accord PS-EELV : « Contrôle public des banques, taxe sur les transactions financières de 0,05%, agence publique de notation sous l'égide de l'Eurogroupe, « lutte acharnée pour la suppression des paradis fiscaux ». De toute façon, il est inutile de mentionner une supercherie spécifique parmi toutes celles qui truffent les positions théoriques et la trajectoire politique de cette filiale du Parti Socialiste. L’écologisme est, en effet, une mystification particulièrement vicieuse dans l’arsenal idéologique de la bourgeoisie. Il est dans la nature de ce mouvement, né avec les dégâts spectaculaires sur le vivant qui ont proliféré sous la phase intensive du capitalisme, de hâter la dégradation des conditions de vie du prolétariat, de fabriquer de fraiches formules de sa dévalorisation effective. Le discours écologique détache le terrifiant problème des nuisances environnementales de sa source, la production capitaliste, et reformule celui-ci en une problématique de bonne gouvernance. Le fait que le mode de production détermine le mode de consommation est occulté dans un brouillage des responsabilités qui, en dernier ressort, culpabilise les consommateurs, lesquels sont majoritairement composés de prolétaires. Au final, l’objectif est double : 1) Reporter sur les seuls exploités les couts privés et publics croissants induits par les mutations productives et sociales qu’imposent dorénavant les monticules de nuisances écologiques. 2) Faire de la la pollution un prétexte à l’accélération des mesures de dépouillage de la population. On comprend mieux pourquoi EELV est un supporter inconditionnel de la construction de l’Europe des multinationales, ces seules véritables coupables de la destruction de la planète. Et les mascarades régulières auxquelles nous ont habitué les marioles d’EELV, que ce soit les dérisoires remous qui agitent leurs écuries ou les jérémiades sponsorisées de leurs vedettes, résument à elles seules le contenu pourri de leur fonction politique. A voir un Nicolas Hulot, grassement payé par TF1, Bouygues et Rhône Poulenc, mobilisé par Sarkozy dans son « Grenelle de l’environnement », tenter de flaire pleurer dans les chaumières sur le réchauffement climatique, on a des envies de disparition d’une espèce spéciale de blaireau. A écouter l’énergumène Cohn-Bendit pérorer sur les bienfaits de la tyrannie patronale déclinée dans ses formes les plus variées comme il l’a fait durant la campagne pour le traité constitutionnel européen de 2005, on mesure le degré de connivence qui lie EELV aux milieux d’affaires. Que ces mêmes vassaux squattent la tête du combat antinucléaire n’inquiétera jamais AREVA. La préservation du vivant est une tâche trop urgente pour la laisser aux écologistes, cette vermine bourgeoise qui a choisi le vert parce que c’est la couleur du dollar.
-Nicolas DUPONT-AIGNAN (DLR) : Rejeton des RPR-RPF-UMP, cet actuel député de l’Essonne a fondé un petit parti d’extrême-droite en 2007. Les attitudes gaulliennes qu’il revêt de manière grotesque visent sans doute à obtenir le crédit qui manque tellement de ce côté de l’échiquier politique. Il faut dire qu’en matière de respectabilité, « Dupont-Lajoie » et ses nationalistes n’ont plus qu’à croire au miracle tant leurs fréquentations et leurs propos sont abjects. Debout La République a longtemps été proche de Riposte Laïque, association qui s’amuse à infecter le combat pour la laïcité de positions identitaires validant le « choc de civilisations ». En 2010, ce groupe de fachos organise avec ses acolytes du Bloc identitaire un « apéro saucisson pinard », manifestation xénophobe le « jour de l’anniversaire de l’appel du général De Gaulle ». Ayant appelé à se rassemblement, DLR se désolidarise alors au dernier moment. C’est à cette époque que les postures anti-immigrés de DLR vont peu à peu se doubler d’un paternalisme assimilationniste, qui invite tout citoyen d’origine étrangère à adhérer aux saloperies de l’extrême droite. Cette ligne politique, défendue tactiquement par le pitoyable groupuscule Egalité et Réconciliation, en vue de rabattre les voix d’une soi-disant « communauté musulmane » vers Marine Le Pen, semble désormais intéresser DLR. C’est en tout cas ce qu’on peut déduire de la présence de Nicolas Dupont-Aignan à l’inauguration d’une énième bouture de E&R, le club de pensée « Fils de France » qui selon la verve maurassienne typique des disciples d’Alain Soral, prétend regrouper des « musulmans patriotes ». Il convient de rappeler que E&R est une bande sous-fasciste violente, antisémite, raciste et communautariste. DLR a dragué également les néo-nazis, puisque fin 2010, l’un de ses conseillers nationaux, J. Koutoujanski, a tenu une conférence dans les locaux de Serge Ayoub, alias Batskin, ex chef d’une bande de skinhead dans les années 80, les JNR. Rien d’étonnant que le candidat DLR flirte avec la mouvance groupusculaire d’extrême-droite à la lecture de ses propos : «ces populations tsiganes, qui pratiquent volontiers la mendicité des enfants et des femmes, vivent dans une misère noire, sont un facteur d’insécurité évident (trafics en tout genre)», « il faudra bien poser la question du coût net de l’immigration pour la collectivité : les travaux d’Yves-Marie Laulan, qui estiment à plusieurs dizaines de milliards d’euro la charge nette de l’immigration pour la collectivité, mériteraient un vrai écho scientifique et un débat constructif. ». Le fameux Laulan, ici cité, est le « démographe » qui fournit des statistiques fantaisistes en guise de munitions au FN. Dupont-Aignan, prendrait-il Marine Le Pen comme premier ministre ? Oui, assurément !
-Jacques CHEMINADE (S&P) : Solidarité et Progrès n’est que la section française d’un mouvement international dirigé par le gourou américain, paranoïaque et conspirationniste, Lyndon Larouche. Selon l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et des Individus victimes de sectes (UNADFI), reconnue d'utilité publique, entre 10 et 15 heures quotidiennes de propagande, de diffusion des idées larouchistes et de lecture de ses œuvres sont exigées des militants, même le weekend. Les membres de Solidarité & Progrès vivent en parfaite promiscuité afin de mieux s'épier les uns les autres. Seuls Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche font figure de pères, de confidents et de points de repère. L'extérieur est stigmatisé à outrance : les amis, la famille et les institutions de socialisation comme l'école et le travail sont présentés comme autant d'éléments destinés à détourner le fidèle de sa volonté de changer le monde avec Lyndon LaRouche. Le militant est alors fortement incité et encouragé à couper les liens avec ces cercles diaboliques pour se concentrer uniquement sur la vérité dispensée par le chef du parti. Le mode de fonctionnement sectaire va de pair avec la défense de conceptions politiques réactionnaires. Misogynie, négation du changement climatique, antisémitisme et conspirationnisme en sont les traits principaux. LaRouche considère les femmes de manière dégradante, par exemple en les rendant responsables des violences dont elles sont victimes : « Contrairement à la mythologie féministe, il est fréquent que ce soit la mère, qui de manière prioritaire, déclenche des scénarios de violence bipolaire au sein de la famille. Dans la plupart de ces cas pitoyables, c'est comme si elles étaient ''addicts'' à solliciter une telle violence.». Bien loin de se soucier du changement climatique sur terre et de proposer des solutions, S&P offre comme seule perspective à l'humanité... la colonisation de la Lune et de Mars (que LaRouche annonçait dès le milieu des années 80... pour l'an 2000 !). La haine des Juifs n'est jamais très loin à Solidarité & Progrès. Parfois latente, elle prend la forme de critiques répétées visant des intellectuels ou des hommes politiques... tous juifs, comme par hasard ! Parfois explicite, elle s’exprime par la négation de l'extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale : l'Holocauste est assimilé par Lyndon LaRouche lui-même à un « canular » ! S&P utilise une ruse habituelle de l'extrême droite pour protéger les élites en période de crise économique : l'organisation politique prend pour cible tel ou tel secteur du capitalisme... pour mieux épargner tous les autres ! Par exemple, les banquiers juifs anglais servent de bouc-émissaire : ils sont pointés du doigt et accusés de fomenter un complot mondial. En France, S&P semble distiller une rhétorique similaire à celle de l'extrême gauche, notamment en dénonçant le libéralisme économique, mais il s'agit pourtant ni plus ni moins d'une organisation sectaire défendant d'improbables hypothèses scientistes et des conceptions politiques réactionnaires.
-Philippe POUTOU (NPA) : Au bord de l’éclatement, le NPA se livre, durant cette campagne électorale, à un exercice de communication aussi ridicule qu’éhonté, digne de la ligne capitularde et opportuniste qui l’a toujours caractérisé. Le parti d’extrême gauche a choisi d’exposer publiquement l’intégralité des facteurs de dégénérescence qui le minent en la personne de son candidat, bozo le clown. A l’aube d’une bataille de classe historique, cette vieille remorque du stalinisme, qui a tant participé à souiller la symbolique révolutionnaire, en rajoute une épaisse couche : elle amalgame l’image de l’ouvrier combatif, qui se matérialisera bientôt dans la réalité de la lutte des classes, avec celle de l’imbécile heureux, discrédité et battu d’avance. Des cadres historiques de la LCR ont déjà tiré les conclusions qui s’imposaient devant l’achèvement de la mission historique de leur mouvement. Ils ont donc rejoint, sans plus attendre, la maison mère, le FdG. Ceux qui restent encore dans cette petite embarcation à la dérive avancent sous la consigne fumeuse « Dégager Sarkozy sans faire confiance à Hollande » ; en langage moins torsadé : « votez Hollande ! ». Dans la foulée, ils invitent dès le 7 mai à « construire l'opposition la plus unitaire qui soit, à la gauche » d'un gouvernement dirigé par les socialistes, et qui réunirait avec le NPA « le Front de gauche, Lutte ouvrière et les centaines de milliers de militants du mouvement social ». Toute la démarche du NPA consiste à raccrocher le mouvement social à la gauche de gouvernement, voire à la droite. Pour cela, il use en permanence du langage de la revendication, à l’encontre de l’évidence selon laquelle le prolétariat n’a rien à revendiquer dans son combat pour sa libération du joug capitaliste. En matière de liquidation des potentialités révolutionnaires, cette formation possède une longue expérience derrière elle : elle intégra les appareils sociaux démocrates et staliniens pendant 12 longues années durant la guerre froide, elle en sortit pour contribuer au sabotage de l’amorce révolutionnaire de mai 1968, elle soutint la candidature de F. Mitterrand et son règne, vota pour Jacques Chirac dans la formidable manipulation de 2002, rejoint mécaniquement les listes de gauche au second tour des élections. Sur le terrain du mouvement social, elle se garde bien de lutter contre la bureaucratie syndicale, participe à obstruer toute perspective de lutte prolétarienne autonome. Son antifascisme sélectif se double d’un encouragement au communautarisme et à la réaction religieuse (jusqu’à présenter une femme voilée aux dernières élections régionales). Inutile de dire que le NPA, qui d’ailleurs a abandonné les références à la révolution prolétarienne encore timidement présentes à la LCR, ne souhaite absolument pas se débarrasser du système capitaliste et construire le communisme. « Toutou » le dit lui-même : « C’est 10% du PIB, à peu près, donc du total des richesses nationales, qui est détourné de la poche des salariés vers la poche des capitalistes. Donc, nous on dit : il faut récupérer ces 10% là… ». Partager les richesses pour stimuler la croissance, en guise de mot d’ordre censé attirer les masses, une ligne conforme à la bonne marche du capitalisme, qui permettrait de relancer la consommation et donc les marchés. L’OCDE ne dit pas autre chose dans un récent rapport : « Les pays doivent lutter contre l’accentuation des inégalités au moyen de politiques qui, simultanément, limitent l’écart de revenu entre riches et pauvres et stimulent la croissance économique. »
-Nathalie ARTHAUD (LO) : La caserne Lutte Ouvrière a fabriqué le clone de son ancien porte parole médiatique, Arlette Laguiller, pour opérer sa succession. Cela renseigne sur la conception de la singularité individuelle qui prévaut dans cette organisation marxiste-léniniste. Désormais Nathalie Arthaud peut brailler qu’elle est « la seule candidate communiste révolutionnaire », hurler contre les fermetures d’usine et promettre de mettre les patrons en prison s’ils ne respectent pas l’égalité professionnelle, elle et son parti ne se destinent aucunement à préparer la révolution sociale. Cet extrait d’un article d’Arthaud intitulé « Contre Sarkozy et les privilégiés : opposer un programme fondé sur les intérêts des exploités » permet d’en avoir le cœur net : « Le grand patronat a largement les moyens de financer le coût du maintien de tous les emplois ! » (donc, pas question d’en finir avec les patrons !). « C’est aux capitalistes de financer tout cela sur les revenus du capital et au besoin sur leurs fortunes privées » (comme l’ont proposé Warren Buffet, Bill Gates et autres généreux milliardaires ?) « Il faut imposer la transparence sur les comptes des entreprises » (qui n’appartiendront donc pas aux travailleurs) « Il faut lui imposer une politique de grands travaux » (l’Etat bourgeois est maintenu comme outil de pouvoir séparé sur la société.). Les positions de Lutte Ouvrière sont celles de cette sous-classe de bureaucrates parée à prendre les commandes de l’Etat, dans les périodes de grande crise, pour sauver la société de classe. Comme les léninistes l’ont démontré en URSS et dans le reste des pays socialistes. Quand on demande à la représentante de LO pour qui elle votera au second tour, elle ne répond pas qu’elle s’abstiendra.
« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » : A la veille d’un affrontement décisif avec la bourgeoisie, il est plus que temps de neutraliser tous ces politicards complices de l’exploitation, de l’oppression, de la dépossession qu’exerce impitoyablement la bourgeoisie sur nos vies. Elisons nos propres représentants, révocables à tout moment, dans les conseils d’usine, de bureaux, de quartiers. Organisons nos propres instruments de lutte, comités de grève, milices ouvrières, et balayons la bureaucratie syndicale. Préparons la révolution prolétarienne qui instaurera la société sans classes sociales ni Etat. garap2011@hotmail.fr Le criminel, c'est l'électeur !Par Partigiano :: 05/04/2012 à 8:21 :: Histoire
La révolution n'est pas une affaire de partiPar Partigiano :: 03/04/2012 à 8:13 :: Bouquins
Un petit livre décapant à lire et relire sans modération qui contient trois textes : - Otto Rühle et le mouvement ouvrier allemand par Paul Mattick (1945) - La lutte contre le fascisme commence par la lutte contre le bolchevisme par Otto Rühle (1939) - La révolution n'est pas une affaire de parti par Otto Rühle (1920) Pour un aperçu du parcours d'Otto Rühle voir la page Wikipédia. Un extrait de "La lutte contre le fascisme commence par la lutte contre le bolchevisme" : Analysée d’un point de vue critique, la description du bolchevisme tracée dans le pamphlet de Lénine présente les principales caractéristiques suivantes : Ces neuf points fondent une opposition irréconciliable entre le bolchevisme et le socialisme. Ils illustrent avec toute la clarté nécessaire le caractère bourgeois du mouvement bolchevique et sa proche parenté avec le fascisme. Nationalisme, autoritarisme, centralisme, direction du chef, politique de pouvoir, règne de la terreur, dynamiques mécanistes, incapacité à socialiser – tous ces traits fondamentaux du fascisme existaient et existent dans le bolchevisme. Le fascisme n’est qu’une simple copie du bolchevisme. Pour cette raison, la lutte contre le fascisme doit commencer par la lutte contre le bolchevisme. Un extrait (d'actualité...) de "La révolution n'est pas une affaire de parti" : Le parlementarisme apparut avec la domination de la bourgeoisie. Avec les parlements apparurent les partis politiques. L’époque bourgeoise trouva dans les parlements l’arène historique de ses premiers démêlés avec la couronne et la noblesse. Elle s’organisa politiquement et donna à la législation une forme correspondant aux besoins du capitalisme. Mais le capitalisme n’est pas quelque chose d’homogène. Les diverses couches et les divers groupes d’intérêts à l’intérieur de la bourgeoisie firent valoir chacun des revendications de nature différente. C’est pour faire aboutir ces revendications que naquirent les partis qui envoyaient leurs représentants et leurs acteurs aux parlements. Aussi le parlement se transforma-t-il en un forum, lieu de toutes les luttes pour le pouvoir économique et politique, pour le pouvoir législatif d’abord, mais ensuite également, dans le cadre du système parlementaire, pour le pouvoir gouvernemental. Mais les luttes parlementaires, comme les luttes entre les partis, ne sont que des combats de mots. Programmes, polémiques journalistiques, tracts, rapports pour les réunions, résolutions, discours parlementaires, décisions – rien que des mots. Le parlement dégénéra en salon de bavardages (de plus en plus, au fur et à mesure que le temps passait), mais dès le premier jour les partis n’étaient que de simples machines à préparer les élections. Ce n’est pas par hasard s’ils s’appelaient à l’origine « unions électorales ». Bourgeoisie, parlementarisme, partis politiques se conditionnent mutuellement, réciproquement. L’un est nécessaire à l’autre. Aucun n’est concevable sans l’autre. Ils marquent la physionomie politique du système bourgeois, de l’époque capitaliste-bourgeoise. Le bouquin est publié par les Editions Entremonde et il est téléchargeable gratuitement sur leur SITE en .pdf Voir aussi : - Un article de Paul Mattick sur Otto Rühle sur le site Bataille Socialiste - Fascisme Brun, Fascisme Rouge par Otto Rühle sur l'archive internet des marxistes La domination masculine est-elle née avec les classes sociales ?Par Partigiano :: 27/03/2012 à 8:16 :: Histoire
Une conférence très intéressante à écouter sur Smolny faite par Christophe Darmangeat qui est l'auteur du livre "Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était". Une nouvelle édition est parue : ![]() Présentation de l’éditeur : Lorsqu’en 1877, l’anthropologue Lewis Morgan publia sa Société archaïque, Marx et Engels s’enthousiasmèrent pour ce qui représentait selon eux la première analyse scientifique des sociétés primitives et, par extension, de la préhistoire des sociétés de classes. Dans son célèbre ouvrage L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, Engels en prolongeait les principales conclusions et établissait ainsi sur l’évolution de la famille et l’origine de l’oppression des femmes ce qui allait devenir la référence marxiste. Depuis lors, les matériaux ethnologiques et archéologiques se sont accumulés, et les fragments épars ont laissé place à une vaste fresque ; malheureusement les tentatives d’actualiser cette contribution sont restées bien rares. Tel est bien l’objectif poursuivi par cet essai qui, tout en relevant sans complaisance les nombreuses conceptions dépassées de l’Origine de la famille, suggère que la méthode matérialiste et critique proposée par Marx et Engels pourrait bien rester la meilleure clé pour pénétrer le lointain passé des sociétés humaines et mettre à jour la racine de l’inégalité des sexes. L’auteur : Christophe Darmangeat enseigne l’économie à l’Université Paris 7 Denis Diderot depuis 1992. Au cours de ces dernières années, il a orienté ses recherches vers l’anthropologie sociale. Pédagogie et RévolutionPar Partigiano :: 26/03/2012 à 8:40 :: Bouquins
Pédagogie et Révolution. Questions de classe et (re)lectures pédagogiques. Grégory Chambat. Editions Libertalia 2011. 216 pages. J'ai trouvé ce bouquin en parcourant les sites d'éditions « gauchistes ». Je cherchais un bouquin sur l'école, l'éducation, la pédagogie mais dans une optique révolutionnaire ; afin de m'aider à réécrire mon histoire « Un monde meilleur » avec plus de pertinence, et en allant plus loin dans la rupture avec la société de classe, avec la hiérarchie et la domination. Entre temps un camarade m'avait contacté pour parler de mon histoire et de la question éducative. C'est grâce à lui que j'ai découvert les noms de Célestin Freinet et de Francisco Ferrer. Ma curiosité a été décuplée quand il m'a parlé des expériences de ces instituteurs militants. Le livre de Grégory Chambat offre un bel aperçu des classiques de la pédagogie, pour quelqu'un comme moi qui n'y connaît rien et qui n'a pas apprécier le fonctionnement de l'école de la République durant son enfance. A ce sujet le chapitre « Un mythe qui a la vie dure : l'école de Ferry selon Foucambert » m'a retourné la tête : « Du haut de la tribune de l'assemblée, défendant un projet d'école publique, laïque, gratuite et obligatoire, Jules Ferry ne cache nullement son ambition de mettre fin à l'ère des révolutions. Ne plus revivre le cauchemar de la Commune, doter le pays d'une école adaptée aux besoins croissants de l'industrie, assurer la paix civile : « dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. Si cet état de chose se perpétue, il est à craindre que d'autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d'ouvriers et de paysans, où l'on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être d'un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 28 mars 1871 ». Les bourgeois ont peur du communisme. Ils ont peur que les prolétaires se mettent à penser, à s'organiser sur des bases révolutionnaires. L'école de Ferry a servi de soupape de sécurité pour calmer les ardeurs contestataires du prolétariat ; tout comme le font les syndicats entre le patronat et le salariat. L’école capitaliste sert à formater les enfants à la vie qui les attend : trimer, consommer, allumer la télé, éteindre la curiosité, éviter l’envie d'apprendre, de partager avec les autres. Développer la compétition, le rendement au lieu d'inculquer la solidarité et l'entraide. N'en déplaise aux dominants, les idées de Ferrer, Bourdieu, Pelloutier ou Rancière ; les expériences collectives dans l'Espagne de 1936, les écoles Freinet, donnent aux enseignants et militants révolutionnaires des pistes pour une nouvelle école pour construire la future société communiste.
L'instruction est comme la liberté : elle ne se donne pas, elle se prend. Joseph Jacotot. Concert en soutien au Jargon LibrePar Partigiano :: 20/03/2012 à 8:54 :: Actualité
Plus d'infos sur : Indymedia Paris Le Jargon Libre est une librairie associative de lutte : Le 75020, Le Jura Libertaire. Histoire Domératoise (2)Par Partigiano :: 27/02/2012 à 8:47 :: Histoire
Trouvé dans le journal municipal de Domérat, janvier 2012 :
Paul Mattick : Interview à Lotta Continua (1977)Par Partigiano :: 23/02/2012 à 8:12 :: Histoire
CRISE ET INFLATION L.C. : Tout semble indiquer que nous sommes entrés dans une période de grave crise économique et sociale. Quels en sont les traits nouveaux par comparaison avec la crise des années 1930 ? P.M. : Les raisons fondamentales de la crise actuelle sont identiques à celles de toutes les crises précédentes du système capitaliste. Mais toutes les crises présentent aussi des caractères spécifiques en ce qui concerne leur apparition, les réactions qu’elles provoquent et leurs conséquences. À l’origine de ces traits distinctifs se trouvent les transformations structurelles du capital. Une crise survient en général à la suite d’une période d’accumulation convenable, au cours de laquelle les profits produits et réalisés ont suffi à assurer le maintien d’un rythme d’expansion donné. Cet état de prospérité capitaliste exige des gains de productivité constants et assez élevés pour contrebalancer le déclin relatif de rentabilité qu’entraînent les transformations structurelles du capital. La recherche du profit, que les capitaux individuels effectuent sous le fouet de la concurrence, donc à l’aveuglette, ne peut que se poursuivre sans tenir aucun compte des transformations intervenues dans le rapport capital/travail inhérent à la composition sociale du capital. La crise fait irruption quand la disproportionnalité entre la fraction du profit destiné au capital social et le taux d’accumulation voulu interdit toute nouvelle expansion. Cette disparité de base, mais indéterminable par voie empirique, se fait sentir au niveau du marché sous forme d’un défaut de demande effective, lequel n’est qu’une autre expression pour désigner le défaut d’accumulation, de cette accumulation dont dépend la demande effective. Avant 1930, on remédiait aux dépressions économiques par des procédés déflationnistes, autrement dit en laissant libre cours aux lois du marché dans l’espoir que la baisse d’activité aurait tôt ou tard pour effet de restaurer l’équilibre de l’offre et de la demande, et partant de rétablir la rentabilité du capital. La crise de 1930 fut cependant trop profonde et trop dispensieuse pour qu’on pût s’en tenir au laisser faire traditionnel. On y fit face par des procédés inflationnistes, autrement dit par des interventions de l’État, appelées à déboucher sur la guerre, pour restructurer l’économie mondiale au moyen d’une centralisation à outrance, accomplie au détriment des capitaux nationaux les plus faibles, autant que d’une destruction systématique du capital sous ses formes à la fois monétaires et physiques. Financées comme elles l’étaient par le déficit budgétaire, c’est à dire par des techniques inflationnistes, ces interventions avaient des résultats encore et toujours déflationnistes, mais d’une tout autre ampleur qu’autrefois, quand on s’en remettait passivement aux lois du marché. La longue crise puis la Deuxième Guerre mondiale, et les destructions massives de capital qui les accompagnèrent, créèrent les conditions d’une période extraordinairement longue d’expansion dans les grandes puissances industrielles d’Occident. Déflation et inflation aboutirent l’une et l’autre au même résultat, un nouvel essor du capital, et servirent de la sorte et tour à tour à sauvegarder la stabilité économique et sociale ainsi acquise. Le financement par le déficit budgétaire, par le crédit en d’autres termes, permet certes de stimuler une économie en stagnation. Mais il est impossible de maintenir le taux de profit de cette façon là et de perpétuer ce faisant les conditions de la prospérité. Ceci étant, le mécanisme déclencheur de crise inhérent à la production de capital était appelé à se remettre en place de lui même : simple question de temps. À l’heure actuelle, il est manifeste que l’octroi de crédits destinés à relancer la production constitue non pas une solution définitive à la crise, mais une politique au coup par coup dont les effets positifs ne peuvent être que temporaires. Faute d’aboutir à un véritable, un évident essor fondé sur des profits accrus, cette politique est vouée à un échec dont elle contient en elle même le germe. La médication keynésienne a tout bonnement engendré une nouvelle situation de crise, assortie d’inflation et de chômage également croissants, et l’un comme l’autre tout aussi préjudiciables au système capitaliste. La crise en cours n’a pas atteint jusqu’à présent l’ampleur dévastatrice de la précédente qui, pendant les années 1930, devait conduire de la dépression à la guerre. Tout en étant incapables de mettre fin au marasme actuel, les mesures anticrises pallient jusqu’à un certain point la misère causée par la baisse d’activité. Mais, dans le cadre d’une économie capitaliste en stagnation, ces mesures deviennent elle mêmes autant d’éléments contribuant à détériorer celle ci par la suite. Ne rendent elles pas plus ardue la reconstitution d’une base de départ pour un nouvel essor ? De même, la dépression qui va croissant a pour conséquence de restreindre à proportion la part d’intégration internationale que l’économie capitaliste doit à des arrangements monétaires et à des politiques commerciales d’inspiration libérale. Et les tendances au protectionnisme aggravent encore l’état du marché mondial. Étant donné que la crise ne peut être jugulée qu’aux dépens de la population laborieuse, la bourgeoisie se voit contrainte de mobiliser tous les moyens dont elle dispose, économiques aussi bien que politiques, pour réduire le niveau de vie des travailleurs. La montée du chômage, tout en pesant sur la situation, ne suffit pas à faire baisser les salaires autant que l’exige le rétablissement de la rentabilité du capital. Pour arriver à ce rétablissement, préalable obligé à la reprise de l’expansion, il faut comprimer les revenus des couches non capitalistes, diminuer le budget dit social, etc. Bien qu’une inflation accélérée ait cet effet là, pareille politique trouve aussi ses limites dans l’« anarchie » croissante de la production capitaliste et de la société en général. Bref, l’inflation comme politique permanente menace l’existence même du système. GAUCHE ET EUROCOMMUNISME L.C. : A ce propos, comment vois tu le rôle de la gauche, et plus particulièrement du Parti communiste ? Quelle est selon toi la signification de l’eurocommunisme ? P.M. : II faut distinguer entre la gauche objective, c’est à dire le prolétariat comme tel, et la gauche organisée, qui n’est pas de nature strictement prolétarienne. Au sein de cette dernière, le Parti communiste, tout du moins en Italie, détient une position dominante. En ce moment ci, toujours en Italie, c’est lui qui le plus probablement détermine la politique de la gauche, malgré l’opposition des formations situées à sa gauche ou à sa droite. Mais le P.C. n’est pas une organisation communiste au sens traditionnel : depuis longtemps transformé en mouvement social démocrate, en parti réformiste, il vit en symbiose avec le capitalisme et donc s’offre à le servir. Son objet pratique est de satisfaire les aspirations bourgeoises de son corps dirigeant, les besoins de sa bureaucratie, tout en faisant office de médiateur entre le travail et le capital en vue de maintenir le statu quo social. Le fait qu’il rencontre une adhésion massive en milieu ouvrier indique que les travailleurs ne sont pas prêts à renverser le système, ou n’y tiennent pas, et désirent à la place arriver à un accommodement avec lui. Illusion, assurément, mais qui va dans le sens de la politique opportuniste du P.C. Une dépression prolongée risquant de détruire le système, il est essentiel pour le Parti communiste, autant que pour les autres organisations réformistes, d’aider la bourgeoisie à en finir avec la crise. C’est pourquoi il s’efforce de couper court à des actions ouvrières susceptibles de freiner, voire d’empêcher, le redressement du capitalisme. Dès que ce dernier se trouve mis en danger par des mouvements de la classe ouvrière, que le système en proie à la crise ne saurait contenter, la politique réformiste et opportuniste du P.C. revêt un caractère ouvertement contre révolutionnaire. L’eurocommunisme cher au P.C. est dépourvu de toute signification parce que le communisme est une catégorie non pas géographique mais sociale. Ce terme vide recouvre une tentative, de la part des P.C. européens, de différencier leurs attitudes actuelles d’avec leurs politiques passées. C’est une manière de proclamer que le vieux but capitaliste d’État depuis longtemps enterré en pratique a été abandonné au profit de l’économie mixte propre au capitalisme d’aujourd’hui. Eurocommunisme, cela signifie la recherche d’une reconnaissance officielle et d’une intégration totale au système en place, lesquelles impliquent naturellement une intégration aux divers États nationaux que compte le territoire européen. Une manière aussi de faire acte de candidature à des responsabilités accrues dans le cadre du système capitaliste et de son gouvernement, de s’engager en outre à respecter le degré limité de coopération atteint dans le contexte européen par les nations capitalistes et à s’abstenir de toute initiative risquant de compromettre le consensus apparent entre l’Est et l’Ouest. II s’agit en l’occurrence non pas d’une rupture catégorique avec la partie capitaliste d’État du monde, mais de la consécration du fait que ce camp là, bien loin lui aussi de chercher à étendre par des moyens révolutionnaires l’aire du capitalisme d’État, vise à s’intégrer plus complètement au marché mondial, malgré les différences qui subsistent entre systèmes de capitalisme privé et de capitalisme d’État. L’EFFICACITÉ RÉVOLUTIONNAIRE L.C. : Quelles possibilités d’action révolutionnaire, ou d’action visant à préparer une révolution à venir, existe-t-il ? Quelles possibilités vois tu pour les travailleurs, les chômeurs, les étudiants, les formations gauchistes ? P.M. : Les actions révolutionnaires sont dirigées contre le système comme un tout pour le renverser. Ce qui présuppose une dislocation du corps social, hors de tout contrôle politique. Jusqu’ici, pareilles actions ne sont produites qu’en liaison avec des catastrophes sociales, telles celles qu’engendrent des guerres perdues et l’état de désagrégation économique qui va de pair avec elles. Cela ne veut pas dire que ce genre de situation constitue un préalable absolu à la révolution, mais revient à constater l’ampleur de la désintégration sociale qui précède les soulèvements révolutionnaires. La révolution doit forcément impliquer la majorité de la population. Et c’est la nécessité, non l’idéologie, qui met les masses en mouvement. L’activité qui s’ensuit produit son idéologie révolutionnaire propre, en vue de discerner ce qu’il y a lieu de faire pour sortir victorieusement de la lutte contre les défenseurs du système. À l’heure actuelle, les possibilités d’action révolutionnaire sont extrêmement faibles, parce que les chances de succès sont quasi nulles. Instruites par l’expérience, les classes dirigeantes s’attendent à des éruptions révolutionnaires et se sont armées en conséquence. Leur puissance militaire n’est jusqu’à présent nullement menacée de dissensions intestines ; politiquement, ces classes jouissent du soutien des grandes organisations ouvrières et de la majorité de la population. Elles n’ont pas encore épuisé les possibilités de manipuler l’économie qui s’offrent à elles ; malgré une concurrence internationale toujours plus âpre pour des profits en voie de contraction à l’échelle mondiale, elles demeurent unies dans le monde entier contre des soulèvements prolétariens partout où ils pourraient surgir. Les régimes soi disant socialistes participent eux aussi à ce front commun : pour sauvegarder les rapports de classe, les rapports d’exploitation qui leur servent de base. Au stade de développement où nous sommes, une révolution socialiste semble plus que douteuse. II n’en reste pas moins que toute activité des travailleurs visant à défendre leurs intérêts propres possède un caractère potentiellement révolutionnaire, étant donné que le capitalisme se trouve dans un état de délabrement susceptible de durer longtemps. Vu le manque de données utiles, personne ne saurait prévoir quelles dimensions la dépression est appelée à prendre. Mais chacun est confronté à la crise et doit y réagir : la bourgeoisie à sa manière, la classe ouvrière de façon opposée. En période de relative stabilité économique, la lutte ouvrière elle même a pour effet d’accélérer l’accumulation du capital, en forçant la bourgeoisie à adopter des méthodes plus efficaces pour accroître la productivité du travail et conserver de la sorte le taux de profit voulu. Les salaires et les profits peuvent s’élever de conserve sans que cela nuise à l’expansion du capital. Mais une dépression met fin cependant à cette hausse simultanée (quoique inégale). Pour que le processus d’accumulation puisse redémarrer, il faut d’abord que la rentabilité du capital soit rétablie. Désormais, la lutte entre le travail et le capital met en cause l’existence même du système, liée qu’elle est à l’expansion continue de ce dernier. Objectivement, les luttes économiques ordinaires revêtent des implications et donc des formes politiques, parce qu’une classe ne peut l’emporter qu’au détriment de l’autre. La classe ouvrière n’a nul besoin de concevoir sa lutte comme la voie de la révolution ; dans le cadre d’un capitalisme en déclin persistant, ses luttes prennent des connotations révolutionnaires, et cela complètement en dehors de toute prise de conscience. Bien sûr, il se peut que les travailleurs acceptent de se contenter d’une part diminuée, dans certaines limites, du produit social, serait-ce uniquement pour éviter les misères d’une lutte prolongée contre la bourgeoisie et son État. Mais voilà qui risque fort de ne pas être suffisant pour nourrir un nouvel essor économique et mettre un terme du même coup à la croissance du chômage. Tout en étant inhérente au système, la division entre travailleurs en activité et en sans travail se transforme en source de difficultés pour le capitalisme, dès lors qu’il y a montée constante du chômage dans un contexte de stagnation et de déclin économiques. Quant aux moyens de réagir à la crise, tout ce qu’on suggère aux travailleurs, c’est de s’unir tous tant qu’ils sont, avec ou sans travail, dans des organisations placées sous leur contrôle direct, et de se battre pour leurs besoins immédiats, sans tenir compte de l’état de l’économie ni de la collaboration de classe du mouvement ouvrier officiel. En d’autres termes : de mener leur lutte de classe avec autant d’acharnement que la bourgeoisie mène la sienne. Au grand moyen d’action de celle ci, son appareil d’État, il faut opposer une puissance plus considérable encore, ce qui ne peut se faire au début que par une dislocation continue du processus de production, base même de la puissance capitaliste et par une poussée implacable des sans travail visant à extorquer à la bourgeoisie leurs moyens d’existence. Quant aux étudiants d’extrême gauche et aux groupes révolutionnaires, s’ils veulent avoir une efficacité quelconque, il leur faut s’immerger dans le mouvement des travailleurs et des chômeurs : non pour réaliser un programme à eux, mais pour mieux cerner le sens de la lutte de classe qui se profile à l’horizon et les directions qu’elle est appelée à prendre en raison des lois immanentes de la production de capital. VIOLENCE ET ACTION DE CLASSE L.C. : D’après toi, quel est le rôle de la violence, de la lutte armée en particulier, dans l’action militante. P.M. : Ce n’est pas une question à laquelle on peut répondre en attribuant à la violence un rôle ou positif ou négatif. La violence est immanente au système et donc une nécessité pour le travail autant que pour le capital. De même que la bourgeoisie ne subsiste qu’en vertu de sa mainmise sur les moyens de production, de même il lui faut la défendre par des procédés également extra économiques, grâce à son monopole des moyens de répression. Un refus de travail suffit à priver de sens les moyens de production, car le profit capitaliste n’a pas d’autre origine que le processus du travail. Entre le travail et le capital, il n’est donc pas question de lutte purement économique : la bourgeoisie ne manquera pas de recourir à la violence chaque fois que cette lutte menacera son existence en risquant de compromettre sérieusement la rentabilité du capital. Voilà qui interdit aux travailleurs toute espèce de choix entre la violence et la non violence dans la lutte des classes. C’est la bourgeoisie, en possession de l’appareil d’État, qui en décide ainsi. À la violence il n’est possible de répondre que par la violence, même s’il faut se battre avec des armes inégales à l’extrême. Il s’agit en l’occurrence non d’une question de principe, mais bien de la réalité, de la structure propre à la société de classes. Cependant, la question posée est de savoir si les éléments radicaux doivent ou non prendre l’initiative de la violence au cours des luttes anticapitalistes, au lieu de laisser à la bourgeoisie et à ses mercenaires le soin d’en décider. Certes, il peut y avoir des situations auxquelles la bourgeoisie n’est pas prête à faire face et où un heurt violent avec ses forces armées se termine à l’avantage des révolutionnaires. Mais toute l’histoire des mouvements d’inspiration radicale montre avec la dernière netteté que des victoires aussi fortuites restent sans lendemain. La bourgeoisie finira toujours par avoir le dessus sur le plan militaire, sauf si le mouvement révolutionnaire prend une ampleur telle que l’appareil d’État lui-même en est affecté, ses forces armées se divisant ou se dissolvant. C’est seulement en conjonction avec de grands mouvements de masse, qui font littéralement voler en éclats l’édifice social, qu’il devient possible d’arracher aux classes dirigeantes les moyens de répression et du même coup les moyens de production. La futilité évidente de confrontations armées par trop inégales n’a pas empêché qu’il s’en produise. Qui plus est, dans certaines situations, pareilles confrontations peuvent déclencher des réactions en chaîne et déboucher sur des mouvements de masse du genre qui sert en général de préalable à la violence révolutionnaire. Voilà pourquoi il est si dangereux d’insister sur la non violence et de faire de la violence l’apanage de la classe dominante. Mais cela concerne des situations véritablement cruciales (non pas celles que les pays capitalistes connaissent actuellement) et aussi des forces suffisamment armées pour pouvoir tenir le coup pendant très longtemps. Dans le cas contraire, de telles actions reviennent à un suicide collectif pur et simple, chose dont la bourgeoisie s’accommode volontiers. On peut les louer d’un point de vue moral, ou même esthétique, mais elles ne servent nullement la cause de la révolution prolétarienne ; tout su plus entrent elles un jour dans le folklore révolutionnaire. Psychologiquement, il est difficile sinon impossible pour des révolutionnaires de s’élever contre la futile mise en oeuvre de la justice de classe par des groupes ou des individus terroristes. Marx lui même, pourtant contempteur déclaré du nihilisme sous toutes ses formes, ne cachait pas son admiration pour les exploits terroristes du groupe russe de la Volonté du peuple. De fait, que le contre terrorisme de certains groupes révolutionnaires soit voué à la futilité est une chose, qu’il disparaisse pour autant en est une autre. Ses adeptes ne sont pas animés de la conviction que leurs actions déboucheront directement sur la transformation de la société ; ils ne se résignent pas à laisser sans réplique le perpétuel terrorisme de la bourgeoisie, voilà tout. Et une fois lancés dans le terrorisme illégal, le terrorisme légal les contraint à la fuite en avant jusqu’au dénouement tragique. Cette famille d’esprits est elle même un produit de la société en crise et une réponse à sa férocité toujours accrue. Se joindre au choeur des voix bourgeoises pour condamner également le terrorisme d’un point de vue prolétarien, ne rime à rien. Il vaut mieux constater sa futilité, et rechercher des moyens plus efficaces d’en finir avec la permanente terreur capitaliste par des actions de classe du prolétariat. Source : — Interview de Paul Mattick au journal italien Lotta Continua en octobre 1977, reprise dans la revue américaine Root & Branch, n° 5 (1978), publiée par Spartacus en octobre 1978 et mise en ligne par plusloin.org en 2002. — Collectif Smolny Quelques graffs sur les murs de RomePar Partigiano :: 21/02/2012 à 8:16 :: Photos
Communiqués de la faculté de droit occupée à AthènesPar Partigiano :: 20/02/2012 à 8:08 :: Actualité
Dans le contexte de la grève générale autour du dernier plan d’austérité, un texte de l’Assemblée ouverte de la faculté de droit occupée:
Pour nous libérer de la dette, il nous faut détruire l’économie Le spectacle politique et financier a maintenant perdu toute confiance en lui-même. Ses actes sont totalement convulsifs. Le gouvernement « d’urgence » qui a pris en charge le maintien de la cohésion sociale est un échec tant pour la reproduction de la main-d’œuvre, que pour la consommation de la population. Les nouvelles mesures, avec lesquelles l’État vise à assurer la survie de la nation grecque dans le monde financier international, conduit à une suspension complète des paiements dans le monde du travail. L’abaissement du salaire minimum, maintenant lui aussi en fausse monnaie, est cohérent avec la suspension totale de toute forme de salaire direct ou social. Tout coût pour notre reproduction disparaît. Les structures de santé, les lieux d’enseignement, le «welfare» les allocations et tout ce qui nous rend productifs dans le système dominant est maintenant chose du passé. En nous pressurant totalement ils nous jettent maintenant directement dans la faim et la paupérisation. La sécurisation de l’abolition de toute forme de salaire, sur le plan juridique, s’effectue via la création d’un » compte spécial bloqué ». De cette façon, l’État grec assure que le stock monétaire sera utilisé exclusivement pour la survie du capital, au détriment de nos propres vies, même. Le poids de la dette (pas de l’Etat, mais de ce qui est inextricablement contenu dans la relation capitaliste) se balance dessus de nos têtes, menaçant de nous tomber dessus et de nous éteindre. Le mythe de la dette. Le discours patriotique dominant promeut l’idée de « la dette grecque » en la présentant comme une question transnationale. Il crée l’impression que certains usuriers apatrides ont ciblé l’État grec et que notre « bon gouvernement » fait ce qu’il peut pour nous sauver, alors qu’il vise à nous éteindre, étant lui-même une partie du capital monétaire international . Nous nous opposons à cette fausse conception nationaliste, la dette est le résultat de – et une partie indiscernable de -l’économie politique, un fait que les patrons ne connaissent que trop bien. L’économie est basée sur la création de la pénurie, par la création de nouveaux champs de la rareté (c’est la dite : «création destructrice» avec des conséquences toujours négatives à long terme). La dette est culpabilisante, elle se dilate et va dominer la société aussi longtemps que la propriété existera, de même, que la routine de la consommation, que l’échange et que l’argent. Quand nous disons que la crise est structurelle et systémique, nous voulons dire que les structures de l’économie politique ont atteint une fin, que leur cœur a été attaqué, le processus de production de valeur. Il est clair que pour le capital, nous sommes « économisables » (voir les chiffres du chômage qui montent au ciel) et qu’à ce point, la reproduction de la force du travail est simplement un obstacle dans le processus d’accumulation du capital. La crise monétaire de la dette, qui est le remplacement des salaires par des prêts, et l’incapacité d’émettre des prêts, conduit le système dans le cercle vicieux de la non-durabilité. Cela en arrive là, parce qu’il remet en question la valeur du travail lui-même, qui est, la relation même au travers de laquelle ceux d’en bas pourraient s’insérer dans les rôles du système. Faut-il alors s’orienter vers le socialisme et l’économie « populaire »? Tous les types de dirigeants professionnels et de syndicalistes wannabe-populaires cultivent leurs propres illusions d’une sortie politique de la crise au sein du système et de l’économie politique actuelle. Ils pourraient parler de la nationalisation des banques ou d’un rajeunissement du libéralisme rationnel. Souvent, ils prennent même l’«esprit révolutionnaire» comme forme de récupération et de solution de rechange. D’autres fois, nous entendons parler de développement vert, de décentralisation écologique, de démocratie directe et de toutes les formes politiques fétiches. Alors que le marché lui-même, et que l’intervention de l’Etat ne parviennent à donner aucune perspective que ce soit, le spectacle politique continue à promouvoir toutes sortes de produits tels que : L’économie populaire, que l’autorité de l’Etat, que les « socialismes ». Les différentes mythologies de dictatures du prolétariat, survivent au moment même où la masse de ceux qui sont exclus de la production et des dispositifs sociaux, les chômeurs, ne fournissent pas du tout de clientèle fiable aux partis politiques et à leurs syndicats. La position politique réactionnaire des capitalismes d’État a été remplacée par le vide de l’idéologie du bizness. La guerre sociale ne connaît pas de frontière. Certains, au milieu de la crise, voient une re contextualisation/un « redessin » des aires nationales. Le bloc national et les racistes divers, eux, semblent y voir l’occasion de cibler les migrants, de lancer des attaques et des pogroms et de promouvoir le racisme institutionnel de l’Etat grec. Leur résistance est peinte aux couleurs nationales; ils luttent en tant que grecs, et non pas comme ennemis de l’exploitation et de la répression sociale à laquelle ils sont confrontés. Nous avons sciemment choisi notre camp, croyant que toute présence d’un symbole national ou du drapeau appartient au camp de l’ennemi, nous sommes prêts à la combattre par tous les moyens possibles. Parce que les nazis de « L’aube d’or », les nationalistes autonomes et les autres fascistes promeuvent une communauté purement nationale comme la solution, les attaques préventives contre eux et la solidarité avec les migrants est une condition nécessaire pour toute tentative radicale. La seule solution est la révolution sociale. Contre tout ce qui précède, nous proposons une révolution sociale, que nous considérons comme la seule solution pour avoir une vie, pas une survie mise à nue. Cela signifie se soulever contre toute institution financière et politique. Cela exige, sur la voie de la révolte, de prendre des mesures telles que l’abolition de l’Etat, de la propriété et toute de mesurabilité, de la famille, de la nation, de l’échange et des sexes sociaux. Pour que nous puissions étendre la gratuité et la liberté dans toute la vie sociale. C’est ce que veut dire : Révolution ! Orienter dans cette direction toute lutte sur les revendications salariales; toute structure auto-organisée toute assemblée, dans la conjoncture actuelle, où la forme politique gouvernementale de la crise systémique peut conduire à une explosion sociale. Manifestation à 18 heures aux Propylées. Assemblée ouverte de la faculté de droit occupée, immédiatement après la manifestation École de droit occupée le 02/09/12 Deuxième communiqué de la faculté de droit occupée à Athènes L’ère de la « prospérité » est terminée. Le rêve d’accès à la consommation et à la promotion, comme l’exprime le triptyque « m’as-tu-vu, consommation, carrière » est soudainement devenu le cauchemar suprême. Mais maintenant il n’y a aucun retour possible. Les temps où les employeurs confinaient les étrangers dans les fermes et les chantiers, les temps où vous vous avanciez comme fier volontaire des Jeux Olympiques, ou vous aviez à la maison des femmes de ménage comme esclaves, ne reviendront jamais. Vous apercevez la place ou votre racisme mettait les migrants depuis le début, devenir la votre et celle de vos enfants. Et cela vous fait peur. Quand la destruction d’autres sociétés, comme l’Europe de l’Est ou l’Irak, protégeait vos privilèges dans la concurrence internationale, cyniquement, vous en profitiez au maximum. Peut-être est-il temps de renoncer au capitalisme, au nationalisme et au consumérisme ? D’arrêter de penser comme un propriétaire et de comprendre qui sont vos vrais ennemis ? L’État, les patrons, les flics, le système de l’économie politique…. Car ce n’est pas vous qui perdez votre travail, mais votre travail qui disparaît comme potentiel. C’est la force destructive du capitalisme qui menace tout simplement notre existence. Les seuls potentiels de survie que nous laisse le capitalisme c’est les files d’attente à la soupe populaire, la nourriture dans les poubelles, ou le pillage des supermarchés. Pour ceci, la seule solution c’est la Révolution Sociale. Afin d’avoir une vie et pas seulement la survie. Ceci exige que nous nous levions contre toutes les institutions économiques et politiques; et que nous prenions nos mesures pendant l’insurrection, la suppression de l’État, de la propriété, de la nation, du sexisme et du patriarcat, pour amener la révolution dans la vie quotidienne. GRÈVES SAUVAGES, OCCUPATIONS AUTO-ORGANISÉES, RÉVOLTES PARTOUT POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE Faculté de droit Occupée 3° communiqué des occupants de la fac de droit à Athènes Laissez-nous clarifier ceci : nous ne recherchons pas notre ennemi dans la face de Papademos, en Allemagne, au FMI, chez les impérialistes ou les banquiers. Aucun gouvernement ne pourra nous représenter parce que nous cherchons la fin de toute autorité. Pour nous l’autorité ce n’est pas seulement l’État et le Capital, mais aussi les façons dont les structures de domination (école, famille, patriarcat, religion, sexe) sont produites dans la vie de tout les jours et dans les relations inter-personnelles, de manière forcée ou volontaire, institutionnelle ou non-statutaire. Toutes les sortes d’autoritaires devraient savoir que nos désirs ne seront pas confinés aux limites posée par l’idéologie dominante du défaitisme et du compromis. L’impasse des luttes revendicatives, cherchant à améliorer les conditions de vie dans les institutions, mène objectivement à un encerclement du processus insurrectionnel. Pour nous qui ne voulons pas retourner au travail et à la normalité, mais qui veulent détruire la propriété et les relations hiérarchiques de production, il n’y a qu’une voie : nous rencontrer dans les rues, dans les grèves sauvages et dans les espaces occupés auto-organisés. Enflammons l’insurrection et ne prolongeons dorénavant pas la durée du système. Avec les espaces occupés, les sabotages, les attaques, la solidarité constante avec quiconque qui résiste, avec les prisonniers politiques, les immigrants, ainsi qu’avec l’action antifasciste. Les occupants de l’École de Droit 11 février 2012 Trouvé sur http://dndf.org/ Des Nouvelles Du Front Voir aussi le site : http://fr.contrainfo.espiv.net/ Et la page : http://fr.contrainfo.espiv.net/2012/02/13/grece-resume-chronologique-des-evenements-du-12-fevrier-en-cours/ |
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